Comment la Suisse devrait réagir à la crise de l'Otan
Après plusieurs turbulences, l'Otan est apparue consolidée en 2025 lors du sommet de La Haye. Les Etats membres se sont engagés à porter leurs dépenses de défense à 3,5% de leur produit intérieur brut d’ici 2035. La pression exercée par le président américain Donald Trump sur l’Europe pour qu’elle cesse de déléguer sa sécurité militaire aux Etats-Unis avait porté ses fruits.
Mais l’alliance transatlantique est à nouveau secouée. Donald Trump est irrité par le refus des partenaires européens d’apporter leur soutien dans la guerre contre l’Iran. Le président ne comprend pas que ses forces armées ne puissent utiliser que partiellement les bases militaires en Europe et que certains pays refusent le survol de leur territoire par des avions militaires.
Les pays européens membres de l'Otan rétorquent qu'ils n’ont pas été associés aux frappes aériennes contre l’Iran et que l’Otan n’est pas une alliance offensive, mais défensive. A cela s’ajoute que tant Donald Trump que la guerre au Moyen-Orient sont impopulaires en Europe, ce qui pousse aussi à une certaine fermeté à l’égard de Washington.
L'exemple de la Finlande
Certains commentateurs estiment déjà que l’alliance est au bord de l’effondrement. Mais nous n’en sommes pas encore là. L'Otan continue de renforcer l’influence géopolitique des Etats-Unis.
Il est toutefois possible que Trump réduise prochainement la présence militaire américaine en Europe. Plus préoccupant encore, des doutes émergent quant à la valeur de la clause de défense collective. Celle-ci stipule qu’une attaque contre un pays de l'Otan oblige les autres membres à lui porter assistance. Comment réagiraient les Etats-Unis si la Russie attaquait un pays balte?
La crise de l’alliance contraint les partenaires européens à accélérer leur réarmement. Intégrée récemment à celle-ci, la Finlande peut servir d’exemple: grâce à une analyse claire des menaces et à une augmentation conséquente des moyens, un pays peut renforcer sensiblement ses capacités de défense en relativement peu de temps.
La situation est cependant moins favorable en Suisse. Elle n’est certes pas membre de l'Otan, mais profite largement de cette alliance puisque ses membres assurent la sécurité de l’espace aérien européen.
Un affaiblissement de l’alliance devrait inciter la Suisse à investir rapidement dans sa propre défense. Consacrer, à un moment donné de la prochaine décennie, un montant équivalant à 1% du produit intérieur brut à l’armée serait trop tardif et largement insuffisant. Le Parlement fédéral est désormais appelé à présenter un plan réaliste de financement. (btr/az)
