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«L'amour des couples homosexuels se cogne contre la doctrine catholique»

«L'amour des couples homosexuels se cogne contre la doctrine»

Couple de lesbiennes bénies en Allemagne.
Image: sda/shutterstock
En Allemagne et à Zurich, des prêtres catholiques se mobilisent contre le Vatican en bénissant des couples du même sexe. Ce geste peut être symbole d'une reconnaissance pour les amoureux LGBTQIA+. Eclairage.
11.05.2021, 18:5812.05.2021, 15:51
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Les prêtres allemands sont partis dans une petite fronde contre le Vatican. Depuis ce week-end, ils mènent une «campagne» de bénédiction ouverte à tous les couples homosexuels, une pratique pourtant interdite par l'Eglise catholique. En Suisse, seul un prêtre zurichois semble avoir suivi l'action (si vous lisez l'allemand, watson vous raconte ça ici).

Pourquoi c'est interdit?

Cette mobilisation des prêtres, une centaine selon les chiffres de lundi, est une réaction à une note du Vatican publiée à la mi-mars. Rédigée par la Congrégation pour la doctrine de la foi, elle rappelait le caractère «illicite» de la bénédiction des couples homosexuels.

«La doctrine catholique légitime uniquement le sacrement du mariage pour tous les couples. Des hétérosexuels vivant en concubinage, par exemple, sont tout aussi illégitimes que des homosexuels, selon la tradition.» C'est Anne-Claire Rivollet qui le dit. Elle est responsable de la pastorale des couples et des familles pour l'Eglise catholique de Genève. Elle y a aussi ouvert un espace de rencontre inclusif pour les LGBTQIA+.

Du coup, bénir un couple qui ne s'est pas marié à l'église est aussi contraire à la doctrine.

Pourquoi ces couples veulent se faire bénir?

Bien qu'elle ne promeuve pas haut et fort la «campagne» de bénédiction en cours, Anne-Claire Rivollet peut comprendre que certains couples désirent rencontrer un prêtre qui est prêt à braver l'interdit:

«La bénédiction rend l'amour encore plus sacré qu'il ne l'est déjà, elle renforce la présence de Dieu»

Ces amoureux du même sexe auraient aussi, selon elle, besoin d'une certaine reconnaissance par Dieu. Ou encore l'envie de «faire avancer l'Eglise catholique», dans une démarche sociétale.

Alors, le «lifting» de l'Eglise catholique est en marche?

Depuis la publication de la note controversée du Vatican, des voix se sont élevées un peu partout avant que les actions allemandes (et zurichoises) n'aient lieu. Des signes d'une modernisation de l'Eglise? Anne-Claire Rivollet n'est pas aussi catégorique: «Il y a des moyens plus subtils que ceux utilisés par ces prêtres pour la faire avancer». La responsable pastorale est pourtant convaincue que ces controverses amèneront indirectement plus d'ouverture:

«Toutes ces réactions ont fait émerger une nécessité théologique. L'amour des couples homosexuels est là, on le voit, et il vient se cogner contre la doctrine. Malgré lui, le Vatican a ouvert la parole sur ces questions et la réflexion est en marche.»

Il en revient à l'Eglise de trouver la bonne solution dans ce débat délicat. Et ça ne devrait pas être pour tout de suite.

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