«Le moment est venu»: ces femmes veulent diriger l’ONU
«Ne pas céder au fatalisme» ou à «la déception». Première, quatre des cinq candidats au poste de secrétaire général de l'ONU ont débattu à Genève devant des centaines de personnes en promettant de rétablir la confiance dans l'institution. Les trois femmes présentes ont été accueillies par une ovation debout. Elles ont affirmé ne pas vouloir devenir des «administratrices» de l'ONU, mais de vraies dirigeantes.
«Nous devons vous écouter», a commencé à l'égard des jeunes l'ex-vice-présidente du Costa Rica Rebeca Grynspan, secrétaire générale d'ONU Commerce et développement qui s'est retirée durant la campagne. Comme elle, l'ancienne cheffe de la diplomatie équatorienne Maria Fernanda Espinosa et l'ancienne présidente chilienne Michelle Bachelet se sont engagées à les associer davantage aux décisions.
Il faut garantir que l'ONU soit «tournée vers les résultats», a ajouté la Chilienne, ancienne haute commissaire de l'ONU aux droits de l'homme. Sans multilatéralisme, les enfants dans les camps de déplacés n'auraient pas de vaccin, dit-elle.
Mais cette institution ne peut pas toute faire toute seule, rétorque Rebeca Grynspan.
Par vidéo, l'ancien président sénégalais Macky Sall a estimé que l'ONU «doit écouter davantage» et associer tout le monde, y compris les petits Etats. Il veut rendre l'organisation «plus efficace sur le terrain» et mettre le développement au centre de la paix.
Sur les questions de paix et de sécurité, Maria Fernanda Espinosa veut lancer un centre de prévention et d'efforts précoces face aux conflits. «Il n'y a pas de capacité pour lire la science de l'alerte précoce», estime Michelle Bachelet.
Face au défi climatique, il faut sonner à nouveau l'urgence, selon Michelle Bachelet. L'ONU doit aider les pays en développement à s'adapter, dit Rebeca Grynspan. «Ce n'est pas impossible» de résoudre la question climatique, estime Maria Fernanda Espinosa.
Toutes trois sont d'accord sur l'importance d'une réforme du système financier international pour le développement. Tout comme sur le rôle de l'ONU pour oeuvrer pour que l'intelligence artificielle (IA) soit utilisée pour le bien commun. Et sur l'importance de défendre les droits humains. Face à la «politisation» actuelle, selon Rebeca Grynspan.
Bachelet exclue par Trump
Et mardi, seul le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), l'Argentin Rafael Grossi, a décliné en raison d'une réunion à Vienne. Il sera la semaine prochaine à Genève pour une conférence.
Jamais une femme n'a dirigé l'ONU. «Le moment est venu», a insisté Maria Fernanda Espinosa, applaudie. Devant la presse, celle qui est la seule avec M. Sall à ne pas avoir dirigé une agence onusienne estime que c'est «un avantage». «Je comprends l'ONU mais je ne suis pas absorbée» par elle, a-t-elle également précisé.
Il faut que la meilleure personne soit choisie, pas parce qu'elle est une femme, explique Rebeca Grynspan.
Selon des sources convergentes, les Etats-Unis seraient prêts à imposer un veto sur la candidature de Michelle Bachelet en raison de ses positions sur la santé reproductive. «Si je fais l'objet d'un veto» pour avoir défendu le multilatéralisme, les droits des femmes et les droits humains, «je serai honorée», a-t-il dit à la presse au terme de cette discussion.
Celui ou celle qui sera choisi succédera à Antonio Guterres pour un mandat de cinq ans au début de l'année prochaine. Il ou elle héritera d'une organisation affectée par les coupes américaines et qui a entamé une large réforme institutionnelle. (mbr/ats)
