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Droits de douane: la Suisse va bientôt être fixée sur son sort

Der Diener und sein Herr: De Handelsbeautragte Jamieson Greer macht Vorschläge, entscheiden tut letztlich Donald Trump.
Le représentant américain au commerce Jamieson Greer, ici aux côtés du président américain Donald Trump.Image: AP/Keystone

Pourquoi la Suisse risque de nouveaux droits de douane punitifs de Trump

Le président américain Donald Trump doit décider cette semaine des droits de douane punitifs qui s'appliqueront à l'avenir aux importations suisses. Son principal conseiller, Jamieson Greer, s'est montré optimiste en amont.
22.07.2026, 16:5522.07.2026, 18:21
Renzo Ruf

Jamieson Greer est un homme occupé. Il a pourtant trouvé le temps, vendredi dernier, de rendre visite à une entreprise suisse. Le représentant au Commerce du gouvernement américain, proche conseiller du président Donald Trump, a fait une halte dans l'usine de Stadler Rail à Salt Lake City, dans l'Utah.

Il s'y est non seulement fait présenter les plans d'expansion du constructeur ferroviaire, mais a aussi pu se rendre compte des efforts déployés par Stadler Rail pour exporter aux Etats-Unis une spécialité bien suisse: l'apprentissage professionnel.

Des signes positifs et une certaine inquiétude

A en juger par les images publiées de sa visite, Jamieson Greer a semblé véritablement intéressé. Les activités de Stadler Rail démontrent les effets positifs de l'accord-cadre négocié entre la Suisse et les Etats-Unis l'automne dernier, a affirmé par la suite le représentant au Commerce.

Cet accord prévoit des droits de douane plafonnés à 15% sur les biens «Made in Switzerland». A cela s'ajoutent des propos tenus par Jamieson Greer lors d'une interview accordée à Bloomberg, diffusée jeudi. La Suisse, a affirmé le conseiller de Trump sur un ton presque magnanime, est sur la bonne voie. Il existerait en outre des «développements positifs», notamment au niveau de la balance commerciale américaine, a-t-il souligné.

A Berne, ces propos ont été accueillis avec un certain soulagement. Car cette semaine, le président américain doit décider du droit de douane punitif qui s'appliquera à l'avenir aux marchandises importées de Suisse. La surtaxe temporaire de 10%, entrée en vigueur en février après une intervention de la Cour suprême de Washington, ne peut légalement être perçue que jusqu'à vendredi.

Un taux de douane minimal de 12,5%

La Suisse est-elle donc tirée d'affaire, et une répétition du choc d'août dernier, lorsque Trump avait soudainement frappé les importations suisses d'une surtaxe de 39%, est-elle ainsi exclue?

La réponse courte à cette question est que même Jamieson Greer n'en a pas la certitude absolue. Car c'est en dernier ressort le président qui fixera les nouveaux droits de douane. Le représentant au Commerce peut certes préparer cette décision et la justifier juridiquement, dans la mesure du possible. Mais l'imprévisibilité de Trump échappe aussi à son contrôle, comme le montrent les récents droits de douane imposés au pays voisin, le Canada.

La réponse longue, c'est qu'à court terme, la Suisse ne risque probablement pas de coup fatal cette semaine. Dans un premier temps, le président relèvera le droit de douane punitif sur les importations suisses à 12,5%, soit une hausse de 2,5 points. C'est ce que propose Jamieson Greer, qui fonde sa recommandation sur une loi datant des années 1970.

La justification officielle de cette surtaxe est que la Suisse ne lutterait pas assez énergiquement contre le travail forcé dans des pays tiers. Cette justification semble fallacieuse et elle est donc vivement critiquée par le Conseil fédéral. Mais comme le représentant au Commerce a mené une enquête conforme aux règles, les plaignants auront du mal à faire annuler les nouveaux droits de douane par voie judiciaire.

La Suisse insiste sur un plafond douanier

Ces dernières semaines, Jamieson Greer a également examiné si les principaux partenaires commerciaux des Etats-Unis faussaient la concurrence au moyen d'une surproduction ciblée, désavantageant ainsi les concurrents américains.

Concernant la Suisse, ce reproche paraît lui aussi absurde, comme on le dit à Berne. Mais ce second droit de douane punitif, qui s'ajouterait à la surtaxe pour «travail forcé», pourrait constituer un coup dur.

Car la loi américaine correspondante, sur laquelle Jamieson Greer fonde son enquête, ne prévoit aucun taux de douane maximal. Dans le pire des cas, le représentant au Commerce pourrait donc proposer d'augmenter massivement les droits de douane punitifs visant la Suisse. Les spéculations vont bon train à ce sujet, car l'enquête correspondante du représentant au Commerce pourrait encore durer un certain temps. Jamieson Greer a également affirmé:

«J'ai des dizaines d'avocats et de décideurs politiques qui travaillent à examiner en profondeur toutes ces pratiques.»

Bien sûr, Trump ne serait pas tenu de suivre la recommandation de Jamieson Greer, tout comme le président peut en réalité balayer d'un revers de main la quasi-totalité des conseils qu'on lui donne. La Suisse nourrit toutefois la «claire attente» qu'un plafond douanier de 15% continue de s'appliquer à l'avenir. C'est ce qui a été inscrit dans l'accord-cadre en novembre dernier, a indiqué un porte-parole du Département de l'économie du conseiller fédéral Guy Parmelin.

Les prochains jours diront si Jamieson Greer et Trump entendent respecter cet accord. (trad. ysc)

Er kann nur die Richtung vorgeben: Jamieson Greer, der Handelbeauftragte der US-Regierung.
Jamieson Greer, le représentant au Commerce du gouvernement américain, ne peut que donner le cap à suivre, mais pas prendre de décision finale.Image: AP/Keystone
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source: corbis news / view press
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