L'«accord du Bürgenstock» a été tué: voici le nouveau plan
Que s'est-il passé mercredi soir au château de Versailles?
Le président Donald Trump est arrivé avec du retard au château de Versailles, mais il est bien venu. Après un dîner composé d'asperges, de homard et de poulet aux truffes en compagnie d'Emmanuel et Brigitte Macron, le président américain s'est présenté, à la surprise générale, devant les micros pour déclarer: «Je viens tout juste de signer.» Il faisait référence à l'accord-cadre conclu entre les Etats-Unis et l'Iran.
En réalité, cette signature a pris la forme d'un «paraphe» électronique, dont la valeur en droit international est contestée. Quelques minutes plus tard, un porte-parole du gouvernement iranien annonçait à Téhéran que le président iranien Massoud Pezechkian avait signé l'accord de la même manière.
Quelles conséquences pour le Bürgenstock?
Bien que la déclaration d'intention ait déjà été signée, une rencontre est toujours prévue dans le complexe hôtelier de luxe. Selon le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE), les Etats-Unis, l'Iran ainsi que les médiateurs pakistanais et qatari doivent se retrouver vendredi au Bürgenstock pour une première série de négociations sur la mise en œuvre de l'accord. Contacté par nos soins, le DFAE précise qu'aucune information supplémentaire ne peut être communiquée à ce stade concernant cette réunion.
Les restrictions restent-elles en vigueur?
Oui. Les mesures prévues continuent d'être appliquées comme prévu, a indiqué jeudi matin un porte-parole de la police cantonale de Nidwald. Les autorités restent en contact avec le DFAE et communiqueront dès que des changements interviendront.
Concrètement, cela signifie pour la population que les routes du canton de Nidwald restent ouvertes, mais que des fermetures temporaires sont possibles entre jeudi et samedi. Les cars postaux desservant le Bürgenstock demeurent suspendus, tout comme le funiculaire et l'ascenseur du Hammetschwand. Les sentiers de randonnée et les itinéraires pour VTT ne sont accessibles que de manière limitée. Enfin, selon les informations disponibles jeudi, une zone d'exclusion aérienne de 46 kilomètres de rayon reste en vigueur de jeudi à samedi.
Quels coûts cette opération a-t-elle déjà engendrés?
Les autorités suisses n'ont, à ce jour, fourni aucune indication sur les coûts déjà engagés ni sur ceux qui sont encore attendus.
Quel rôle a joué le président français Emmanuel Macron?
Le fait que l'accord-cadre ait été paraphé à Versailles lui confère une portée politique supplémentaire. On ignore encore si Emmanuel Macron était informé de cette initiative ou s'il avait même facilité les conditions techniques permettant cette signature au château.
Dès le début, le président français s'était efforcé de faire valoir les positions européennes. Il avait notamment proposé que la France et le Royaume-Uni participent au déminage du détroit d'Ormuz.
Que disent l'Iran et le médiateur pakistanais?
Le projet d'«accord du Bürgenstock» devient désormais le «Mémorandum d'entente d'Islamabad». «C'est un honneur pour moi d'annoncer que le mémorandum d'entente historique d'Islamabad a été signé aujourd'hui par voie électronique entre les Etats-Unis d'Amérique et la République islamique d'Iran», a écrit dans la nuit sur X le premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif. «Le mémorandum a été signé par les honorables présidents des deux pays et également confirmé par moi-même en tant que médiateur.»
Le Pakistan a joué un rôle central dans les négociations entre l'Iran et les Etats-Unis au cours des derniers mois. Mais même parmi les médiateurs, la confusion semble régner. Sur la même plateforme, Shehbaz Sharif avait d'abord annoncé qu'une cérémonie devait malgré tout avoir lieu au Bürgenstock. Il a ensuite supprimé son message. Téhéran a, de son côté, indiqué qu'une rencontre devrait bien avoir lieu en Suisse, mais sans cérémonie officielle. (trad. hun)
