Un retraité auteur d'un double meurtre sera interné
Le tribunal a constaté que l'homme répondait aux éléments constitutifs de multiples meurtres. Il n'a toutefois pas été déclaré coupable, car l'accusé avait agi en état d'irresponsabilité totale, non imputable à lui-même, en raison de sa démence.
Le tribunal a ordonné l'internement de l'homme. Celui-ci est en effet atteint de démence, pour laquelle il n’existe aucun traitement, et il a besoin d’une prise en charge permanente. Sans celle-ci, il existe un risque qu’il commette à nouveau des actes de violence. L'Office de l’exécution des peines doit décider du lieu où l'internement sera effectué.
Le tribunal a également accordé des indemnités d'un montant total de 270'000 francs aux huit proches des victimes. Le jugement, qui correspond au réquisitoire du Ministère public, peut encore faire l'objet d'un appel devant la Cour suprême du canton de Zurich.
L'avocat de la défense s'était opposé à l'internement et avait réclamé une mesure d'hospitalisation. Cela n'entrait toutefois pas en ligne de compte pour le tribunal, une telle mesure ayant pour objectif un traitement visant à réduire la dangerosité d'un auteur. Or la démence sévère dont souffre l'homme n'est pas traitable.
Aveux rapides
Le matin du 17 février 2025, quelques jours après qu'il a été libéré d'un établissement médico-social, l'homme, alors âgé de 72 ans, s'en était pris à son épouse et à sa fille, avec un couteau de cuisine. Au total, il avait porté plus de 200 coups. Les deux femmes sont décédées sur les lieux du crime.
L'accusé avait été arrêté sur les lieux du crime, dans une maison mitoyenne à Bülach, et avait avoué les faits lors de l’enquête. Selon la juge, il a déclaré avoir agi par jalousie et par crainte d’être quitté. Les conditions requises pour qualifier les faits de meurtre sont donc réunies.
Invoquant une totale incapacité de discernement, la défense excluait toute intention et tout manque de scrupules. Même chez une personne incapable de discernement, l’intention ne peut être exclue, a déclaré au contraire la présidente du tribunal lors de l’exposé oral des motifs du jugement. Il est également établi que l’homme a agi sans scrupules.
Dispense de comparution
Cet ancien artisan indépendant et propriétaire de son logement n’avait jamais fait l’objet de signalements pour violence conjugale au cours de ses 50 ans de mariage. Avec son épouse, il a élevé cinq enfants. Il était «une personne aimable et attachée à sa famille», a déclaré la juge. L’agression au couteau était totalement inattendue.
L'accusé n'était pas présent à l'audience de mercredi. Le tribunal l'avait dispensé de comparaître, estimant qu'il n'était pas en état d'être entendu. Le procès a suscité un vif intérêt auprès du public: l'audience a été retransmise par vidéo dans une deuxième salle à l'intention des spectateurs. (sda/ats)
