10 ans de prison pour avoir tenté de tuer son épouse
Le Tribunal cantonal valaisan a rejeté l'appel d'un Afghan ayant dû répondre de tentative d'assassinat sur son épouse. Il confirme sa condamnation à 10 ans de prison ferme et à une expulsion de 15 ans du territoire suisse.
Par arrêt du 25 août, le Tribunal cantonal a également confirmé les autres mesures prononcées par le tribunal de première instance de Martigny, soit, notamment: une interdiction d’approcher son épouse et un traitement ambulatoire à suivre pour l’abstinence de consommation d’alcool et de substance psychotropes. Il a également validé la demande d'indemnité de 20'000 francs pour l'épouse.
Le prévenu a la possibilité de recourir auprès du Tribunal fédéral dans les 30 jours.
Un traumatisme crânien
Le 21 novembre 2022, l'accusé a poussé au sol son épouse. Il a alors saisi une branche de 80 cm et l'a battue à l'arrière du crâne, puis sur l'ensemble du corps. La scène aura duré près de 10 minutes. Une femme âgée a d'abord tenté d'arrêter ces coups. N'y parvenant pas, elle a alerté deux hommes, qui sont parvenus à stopper la scène de violence, en pleine forêt.
La victime a subi un traumatisme crânien, une atteinte à une vertèbre cervicale et des fractures de l'orbite et du sinus maxillaire gauche.
«J'ai été idiot»
«Le jour où j'ai frappé ma femme, j'ai été idiot, mais les choses que j'ai bues ont pu m'influencer», avait-il admis lors du procès du 17 juin dernier.
«Cette affaire est d'une gravité extrême», avait estimé le procureur Alexandre Rosset, se positionnant pour le rejet de l'appel. «Nous ne sommes pas ici à cause d'une simple et légère querelle ou d'un geste malheureux posé dans un moment d'égarement. La victime a survécu uniquement grâce à la chance, ici, l'intervention de tiers. Le prévenu a fait preuve d'une volonté homicide.»
Une brutalité extrême
«Durant ce procès, l'accusé, pour la première fois, a pris conscience du risque de mort. Dans tous les cas, il ne pouvait pas l'ignorer», a poursuivi le procureur.
L'élément déclencheur de cette affaire aurait été la crainte du prévenu de voir son plus jeune enfant être retiré de la garde de ses parents à cause d'une enquête sociale qui allait prochainement débuter.
«Pas son comportement habituel»
L'avocat de l'épouse, François Pernet, avait défendu l'idée que, «le prévenu a usé, sur elle, de violences physiques et verbales. Il s'agit bien d'une tentative d'assassinat.»
Comme lors du procès en première instance, l'avocat du prévenu, Luis Neves, avait plaidé pour une condamnation uniquement pour lésions corporelles simples, afin de lui éviter une expulsion. Selon lui, son client n'avait pas son comportement habituel au moment des faits, à cause de l'accumulation d'alcool.
Agé de 55 ans, père de cinq enfants, le prévenu bénéficie du statut de réfugié politique. Dans son pays, il travaillait, notamment, à protéger les collaborateurs de l'ambassade de Suisse. «C'est très dangereux pour moi de rentrer au pays», avait-il rappelé, à chacun de ses procès. "Les Talibans n'acceptent pas que j'aie travaillé avec des Européens et des Américains. (dal/ats)
