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Polémique dans une piscine nudiste à Berne: une témoin raconte

Das kuehle Sommerwetter lockt nur wenige Badigaeste ins Berner Freibad Marzili am Montag, 25. Juli 2011, in Bern. (KEYSTONE/Marcel Bieri)
L'incident est survenu à la piscine du Marzili, à Berne.Image: KEYSTONE

Polémique dans un espace nudiste suisse: «Sommes-nous transphobes?»

Une femme trans est entrée dimanche dans l'espace naturiste réservé aux femmes de la piscine du Marzili, à Berne. Une témoin explique son malaise.
30.06.2026, 14:5730.06.2026, 15:39
Kari Kälin

Un incident survenu dimanche en fin d'après-midi à la piscine du Marzili, à Berne, alimente les débats sur les réseaux sociaux et dans les espaces de commentaires. Une femme trans est entrée, accompagnée de plusieurs amies, dans le «Paradiesli» (réd: «petit paradis»), un espace un peu à l'écart de la piscine où les femmes peuvent pratiquer le naturisme à l'abri du regard des hommes.

Plusieurs baigneuses se sont plaintes de sa présence. Physiquement, la femme trans présentait une apparence jugée clairement masculine, à l'exception de ses longs cheveux: pilosité corporelle importante et pénis, bien que dissimulé sous un string.

Le chemin vers «Paradiesli» passe par cette porte dans le Marzilibad.
L'entrée du «Paradiesli»Image: ch-media

La police cantonale bernoise, appelée par la direction de la piscine, a finalement passé les menottes à la femme trans avant de la conduire au poste. Elle a été relâchée dans la soirée de dimanche.

L'entourage de la femme trans a organisé un rassemblement spontané et dénoncé l'attitude de la direction de la piscine et de la police, qualifiée de transphobe.

Elle a ressenti un malaise

Comment les femmes présentes ont-elles vécu cet après-midi, lorsque la situation a dégénéré? Anna* fréquente régulièrement le «Paradiesli» depuis quinze ans. Dimanche également, elle profitait de cette chaude journée d'été avec une amie dans cette zone au bord de l'Aar exclusivement réservée aux femmes.

Elle affirme n'y avoir jamais vu auparavant cette femme trans. «Nous sommes tolérantes. Nous sommes favorables à l'existence d'espaces sûrs pour les personnes trans aussi», explique Anna.

Mais dimanche, elle a ressenti un malaise. La femme trans lui paraissait très masculine, pas seulement en raison de ses organes génitaux.

«La situation était délicate. Nous aurions trouvé intrusif de demander à cette personne trans de prouver son genre à l'aide d'une pièce d'identité»
Anna

Elle précise qu'elle n'a jamais eu l'impression que la personne en question cherchait à provoquer ou voulait observer des femmes nues. Pourtant, Anna s'est sentie mal à l'aise, notamment parce qu'elle a été victime par le passé d'une agression sexuelle. Suite à cette expérience, la vue d'une personne avec un pénis a ravivé de douloureux souvenirs.

Un sujet délicat

Anna et son amie ont finalement quitté le «Paradiesli» peu avant l'interpellation policière. Elles ressentaient un malaise diffus et se demandaient aussi: «Sommes-nous transphobes? Pourquoi réagissons-nous ainsi?» Mais leur intuition les a conduites à quitter l'espace réservé aux femmes.

Le débat sur l'identité transgenre est un sujet délicat. Anne souhaite toutefois que les espaces protégés destinés aux femmes soient préservés et que la communauté trans fasse preuve de compréhension envers les femmes qui se sentent mal à l'aise à la vue d'un pénis.

Dans son bureau, raconte-t-elle, certains collègues rient déjà en disant qu'ils se sentiront bientôt eux aussi femmes pour pouvoir fréquenter le «Paradiesli». Ces plaisanteries la mettent mal à l'aise. D'autant plus que l'accès au «Paradiesli» est accordé aux personnes qui sont officiellement reconnues comme femmes.

Depuis 2022, il est possible, en Suisse, de faire modifier administrativement la mention du sexe à l'état civil de manière simplifiée, pour un coût de 75 francs, que ce soit de femme à homme ou d'homme à femme. (adapt. jzs)

*Prénom d'emprunt

Ce chien adore la piscine de ses maîtres
Video: watson
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