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Des personnes et des sympathisants participent a un rassemblement politique

Annulée en 2020 à cause du Covid, la Marche des fiertés est de retour ce samedi 11 septembre. Image: sda

La Pride, en 2021, c'est vraiment toujours utile?

Ce samedi 11 septembre, Genève accueille la Pride après une annulation en 2020 pour cause de Covid. L'occasion pour les personnes LGBTQIA+ de mettre en avant leur communauté. Mais, à l'heure où les stars assument plus volontiers leur sexualité et où les coming out sont nombreux sur les réseaux sociaux: est-ce encore nécessaire aujourd'hui? Interviews.



Après la Zurich Pride le week-end passé, c'est au tour de Genève de vivre sa Marche des fiertés, ce samedi 11 septembre. Dès 14h, un cortège aux couleurs arc-en-ciel traversera la ville du Quai Wilson jusqu'au parc des Bastions. Annulée l'année dernière en raison de la pandémie, elle fait donc son grand retour. La Geneva Pride, «une grande manifestation qui vise à rassembler la communauté LGBTIQA+, (...) et à revendiquer des droits égaux pour tou·te·x·s», peut-on lire sur leur site internet.

Mais, justement, a-t-on encore besoin d'une Pride en 2021? À la vue des nombreux coming out postés sur les réseaux sociaux, des chanteurs et chanteuses qui assument leur sexualité ou encore des films et séries qui mettent en scène des personnages queer, on pourrait penser que la société occidentale est nettement plus ouverte et tolérante aujourd'hui. Pour répondre à cette question, nous avons rencontré trois jeunes LGBTQIA+ et une personne hétérosexuelle, alliée de la communauté 👇

Depuis quelques années, on a l’impression que la communauté LGBTQ+ est bien mieux acceptée dans la société. Pourquoi vous allez encore à la Pride?
Elsa, 23 ans
: Justement, c’est une impression. Au niveau des droits humains, les LGBTQIA+ n’ont toujours pas les mêmes droits que les hétérosexuels. Sans parler des discriminations que subit la communauté au quotidien. Que ce soit au travail ou dans l’espace public. Et la Suisse est vraiment en retard sur beaucoup d’aspects: les cases «non binaire» sur les papiers officiels sont rares, des personnes intersexes sont toujours mutilées, les thérapies de conversion sont toujours autorisées, etc. Selon moi, il faut que cela change.

Estelle, 24 ans: A mon avis, c’est le fait de s’entourer de personnes ouvertes d’esprit sur toutes ces questions qui peut nous donner le sentiment de vivre dans une société plus ouverte. Mais tout le monde ne l'est pas. Peut-être que l’homosexualité ou la bisexualité sont mieux acceptées, mais ce n’est pas encore le cas pour les personnes trans, pansexuelles, asexuelles, etc.

Yann, 22 ans: La Pride est peut-être plus acceptée, mais les droits des personnes LGBTQIA+ ne sont pas encore reconnus en Suisse. Quant à la visibilité dans les médias ou la sensibilisation auprès du grand public, il reste du boulot.

Nicolas, 23 ans: Aujourd’hui la Pride est toujours autant importante, car malgré l’impression d’acceptation, ce n’est pas vraiment le cas de manière systématique. La preuve, nous votons seulement maintenant sur le mariage pour tous. Je trouve que c’est un exemple parlant du retard pris par la Suisse en ce qui concerne les droits LGBTQIA+. Quant à l'homophobie, la polémique autour du petit drapeau arc-en-ciel sur les nouveaux agendas des écoles secondaires du canton de Vaud est un bon exemple. La Pride existe encore, parce que l'homophobie n'a pas disparu et que c'est encore pire pour la transphobie. En résumé, nous devrions pouvoir nous balader dans la rue en tenant la main de nos partenaires sans avoir peur. Ce n'est pas le cas.

Dernièrement, les manifestations dans les rues se sont musclées, le ton s'est durci et l'esprit n'est pas à la fête. Que ce soit lors des grèves féministes ou de certaines manifestations pour le climat. La Pride, elle, doit rester joyeuse?
Elsa:
D'après moi, ça doit respirer la fête tout en montrant qu'on existe, qu'on a des droits, qu'on est légitime de vouloir être traité avec respect. Mais si violence il y a, je pense que ce sera à cause d'opposants qui s'incrustent dans la manifestation.

Nicolas: Pour moi, l’avantage de la marche des fiertés, c'est qu’elle est autant militante que festive. Et ça permet d’instaurer une ambiance bienveillante tout en faisant entendre nos voix. Je pense qu’elle doit conserver cet équilibre, ne pas être uniquement une fête. On doit garder à l'esprit les origines de la Pride.

C'est donc possible de célébrer tout en exprimant de fortes revendications?
Estelle:
Oui, et selon moi, c’est précisément la fête qui exprime le mieux nos revendications. Tout ça avec de la bienveillance et de l'acceptation.

Yann: Exact. Pour moi, on célèbre qui nous sommes tout en revendiquant nos droits. Cela va de pair.

Nicolas: Oui! Même si les opposants utilisent souvent cet argument pour décrédibiliser le sérieux de la Pride, je reste dans l’idée que la bonne humeur et l’ambiance festive permettent d'afficher positivement nos revendications. La plupart du temps, cette atmosphère permet d'éviter des réactions, parfois violentes, d'opposants.

D'un point de vue plus personnel, pourquoi marchez-vous ce samedi 11 septembre?
Yann:
Pour toutes les raisons exprimées précédemment. Et, en parallèle, pour me retrouver au sein la communauté queer et pourquoi pas, rencontrer de nouvelles personnes, des alliés, des organismes ou associations.

Nicolas: Pour assumer pleinement mon identité en étant entouré de bienveillance et d’amour, avec des gens qui comprennent les problématiques qui me touchent. C’est un moment où je me sens représenté, dans une société hétéronormée et où la communauté LGBTQIA+ est encore trop rarement prise en compte.

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Nicolas, 23 ans, fait partie de la foule qui s'est pressée au bout du lac pour faire honneur aux minorités LGBTQIA+. Tout sourire, il raconte:

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