La canicule tue plus que prévu en Suisse: voici les chiffres
La chaleur nous fait transpirer. La chaleur remplit les piscines. Il ne faut cependant pas oublier que la chaleur tue aussi.
Les derniers chiffres de l'Office fédéral de la statistique (OFS) montrent qu'une nette surmortalité s'est manifestée depuis la mi-juin. En chiffres concrets, durant l'été caniculaire 2026, 340 séniors de plus sont décédés que ce qui était statistiquement attendu jusqu'à présent. La principale cause en serait naturellement les températures élevées, qui peuvent se révéler particulièrement dangereuses pour les personnes âgées.
Le pays avait connu un été caniculaire comparable en 2015. Il s'agissait du deuxième été le plus chaud de l'histoire de la Suisse. Seul 2003 avait été plus éprouvant encore. Cependant, pour cet été record de 2003, on ne dispose d'aucune donnée directement comparable issue de l'actuel monitorage de la mortalité.
L'été n'est pas encore terminé
Il y a onze ans, 384 séniors de plus étaient décédés par rapport à un été moyen. Toutefois, l'année 2015 est comptabilisée sur l'été entier, alors que celui de cette année compte encore sept semaines. Par ailleurs, de nombreux décès ne sont signalés qu'avec retard. Un autre élément a un effet modérateur: la statistique actuellement disponible ne prend en compte les décès que jusqu'au 5 juillet inclus. De fait, la dernière semaine, elle aussi très chaude, n'apparaît donc pas encore dans les données.
Il est en outre important de noter qu'un jour de canicule peut encore entraîner des décès durant les sept à dix jours suivants, rappelle Martina Ragettli, de l'Institut tropical et de santé publique suisse. Il faut donc s'attendre à ce que les chiffres continuent d'augmenter. Rien qu'au mois de juillet, certaines stations de mesure ont déjà enregistré par endroits plus de dix jours de canicule, le thermomètre devant pour cela dépasser les 30°C.
La situation caniculaire se traduit différemment selon les régions en matière de surmortalité. Alors qu'en Suisse orientale, sur le Plateau et en Suisse du Nord-Ouest, par exemple, davantage de décès que prévu ont été constatés chez les personnes âgées, ce n'est pas le cas au Tessin. Là-bas, la chaleur n'entraîne pas de hausse significative des décès par rapport aux prévisions. Cela vaut aussi pour la Suisse centrale: la valeur y reste toutefois tout juste en dessous du seuil maximal. Là aussi, une surmortalité pourrait bien être constatée avec les annonces tardives.
La crainte d'une nouvelle vague de chaleur
La bonne nouvelle pour tous ceux qui souffrent de la canicule, c'est qu'à court terme, les signaux indiquent une accalmie sur le front météorologique. Selon les prévisions de MétéoSuisse, le thermomètre ne devrait plus dépasser les 30°C en Suisse romande dès vendredi et jusqu'à mercredi prochain. Au-delà, une prévision plus précise s'avère pour l'heure difficile.
Les différents sites météorologiques aboutissent cependant parfois à des résultats très divergents. Juste avant le 1er août, de nombreux modèles météorologiques laissent entrevoir une nouvelle hausse des températures. Lors de l'été caniculaire de 2003, les températures avaient été extrêmement élevées pendant une longue période, notamment au mois d'août.
Ce qui frappe aussi cet été, c'est que la surmortalité ne touche actuellement que les séniors. Aucune hausse des décès n'a pu être constatée pour l'instant chez les personnes de moins de 65 ans. En 2015, cette tranche d'âge avait elle aussi enregistré davantage de décès. (trad. ysc)
