Pourquoi la grêle est si difficile à prévoir en Suisse
Brève, localisée, imprévisible: la grêle est l'un des phénomènes météorologiques les plus ardus à anticiper, comme l'explique MétéoSuisse. Dans le pays, les régions les plus touchées ne sont concernées par ces épisodes intenses que trois ou quatre jours par an au maximum.
La durée des chutes n'est souvent que d'une poignée de minutes, et leur zone d'impact peut se limiter à une surface de quelques centaines de mètres. Ce faisant, une couverture optimale par stations de mesure au sol exigerait plus de quatre millions de capteurs pour couvrir l'ensemble de la Suisse, soit un objectif hors de portée.
Un moyen d'identifier les zones à risques
Une alternative existe cependant: les radars de MétéoSuisse. En effet, chaque grêlon génère un écho particulièrement intense, bien différent de celui produit par les gouttes de pluie. En exploitant ces différences, les radars permettent de localiser les précipitations solides, de suivre la progression des orages et d'en anticiper la trajectoire. Une image de la situation est ainsi diffusée toutes les deux minutes et demie sur l'ensemble du territoire et des régions limitrophes.
Après une vingtaine d'années de données accumulées, une «climatologie de la grêle» a vu le jour. Sous forme de cartes, elle indique la fréquence des épisodes et la taille des grêlons par zone géographique. Ces informations guident les choix de certaines constructions, et permettent notamment aux assureurs d'anticiper les sinistres et de réagir en conséquence.
Des capteurs au sol pour affiner la mesure
Parce que les radars mesurent en altitude (à l'intérieur des nuages) et non directement au niveau du sol, leurs données restent estimatoires, rapporte MétéoSuisse. Un réseau de capteurs automatiques au sol, opérationnel depuis huit ans, vient combler cette lacune. Ces appareils enregistrent chaque impact en mesurant le diamètre et l'énergie cinétique des grêlons.
Concentrés dans les zones les plus exposées, ces capteurs alimentent des projets de recherche menés avec l'EPFL et l'Université de Berne visant à améliorer la détection de la grêle par les radars. La Mobilière, qui a financé l'opération et souhaite approfondir les recherches, s'est engagée à moderniser environ 35 capteurs et à financer trois années supplémentaires d'exploitation. (ysc)
