Suisse
Nucléaire

Des drones volaient sur la centrale nucléaire de Gösgen de nuit

De mystérieux drones volaient de nuit près d’un site sensible en Suisse

Dimanche soir, plusieurs drones non identifiés ont été aperçus aux abords de la centrale nucléaire de Gösgen. On ignore encore qui les pilotait et quel était l'objectif de ce vol nocturne.
15.07.2026, 11:4715.07.2026, 11:47
Martin Ackle / ch media

Dans la nuit de dimanche à lundi, plusieurs drones se sont dirigés vers la centrale nucléaire de Gösgen. Un habitant a observé la scène vers 22h40 et a alerté la police, comme l'a révélé mardi la TV alémanique. Les patrouilles de la police cantonale soleuroise dépêchées sur place ont pu apercevoir plusieurs drones en vol dans la région, indique son porte-parole Bruno Gribi en réponse à nos questions. «Des vérifications sont en cours, notamment pour déterminer l'itinéraire exact des vols, identifier d'éventuels pilotes ainsi que préciser le nombre et l'origine des drones.»

Selon Bruno Gribi, les autorités collaborent sur la question de «l'espace aérien et des vols de drones» avec les corps de police des cantons voisins ainsi qu'avec l'Office fédéral de l'aviation civile (OFAC) et l'Office fédéral de la police (Fedpol). «Dans cette affaire, la police cantonale soleuroise est également en contact avec la centrale nucléaire de Gösgen.»

La centrale nucléaire de Gösgen a dû être mise hors service pendant 10 mois.
La centrale nucléaire de Gösgen.Image: Bruno Kissling

Max Brugger, responsable de l'information de la centrale nucléaire de Gösgen, confirme ces échanges. Après avoir été alertés par la police, les agents du service de sécurité ont renforcé la surveillance des abords immédiats du site. Mais la centrale rassure:

«Aucun indice ne laisse penser que la sécurité de la centrale a été compromise. L'exploitation de la centrale nucléaire de Gösgen est restée sûre à tout moment.»

Les drones: une faible menace pour le nucléaire suisse

Depuis sa mise en service, la centrale nucléaire de Gösgen est conçue pour résister au crash de gros avions de ligne, précise encore Max Brugger. «La menace représentée par les drones est actuellement considérée comme marginale pour la sûreté nucléaire.» Il ajoute que l'exploitant suit néanmoins l'évolution des technologies et adapte, si nécessaire, les mesures de sécurité aux nouveaux risques potentiels.

Aucun résultat d'enquête ne permet encore de préciser le nombre, le type ou l'origine des drones, indique Bruno Gribi. Il ne peut toutefois pas dire si, ou de quelle manière, des bâtiments sensibles comme la centrale nucléaire de Gösgen bénéficient d'une protection spécifique contre les drones dans le canton de Soleure:

«Pour des raisons de sécurité, la police cantonale soleuroise ne fera aucun commentaire sur cette question.»

Les drones ne peuvent pas voler partout en Suisse

La centrale nucléaire de Gösgen se situe dans une zone d'interdiction de vol pour les drones, comme le montre la carte interactive de la Confédération. Selon l'Office fédéral de l'aviation civile, l'utilisation d'aéronefs sans pilote y est interdite. Toute dérogation doit faire l'objet d'une autorisation préalable délivrée par l'autorité compétente. Dans le canton de Soleure, ces interdictions concernent également les prisons d'Olten, de Soleure et de Deitingen, ainsi que d'autres infrastructures critiques. Les vols sont aussi interdits aux abords de l'aérodrome d'Olten et de l'aéroport de Grenchen et dans certaines zones naturelles pour protéger la faune.

Toute personne faisant voler un drone dans une zone d'interdiction s'expose à des conséquences civiles et/ou pénales, rappelle encore le porte-parole de la police cantonale. «Chaque situation doit être examinée individuellement.» Si la sécurité du trafic aérien est compromise ou si le pilote agit intentionnellement, la loi sur l'aviation prévoit des peines pouvant aller jusqu'à trois ans de prison, voire cinq ans dans les cas les plus graves.

En cas d'observation suspecte, prévenir la police

Si une personne aperçoit des vols de drones suspects, comme ce fut le cas dimanche soir, elle doit en informer la police, poursuit Bruno Gribi. Si un particulier estime être importuné ou surveillé par un drone, il est conseillé, dans un premier temps, d'engager le dialogue avec le pilote, pour autant que cette personne soit identifiable. «Si cette démarche n'aboutit pas, il est toujours possible de contacter la police.» (trad. hun)

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