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La Suisse tire un bilan positif de la COP17

United Nations Secretary-General Antonio Guterres addresses a Leaders' Summit ahead of the start of the United Nations Biodiversity Conference, or COP17, in Yerevan, Armenia, Friday, Oct. 16, 202 ...
Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, s'exprime lors d'un sommet organisé en prélude à la COP17 sur la biodiversité, le 16 octobre 2026 à Erevan, en Arménie.Keystone

La Suisse tire un bilan positif de la COP17

La conférence sur la biodiversité s'est achevée samedi à Erevan avec l'adoption de nouvelles mesures pour protéger la nature. La délégation suisse salue les avancées.
31.10.2026, 17:1231.10.2026, 17:12

La COP17 sur la biodiversité s'est achevée samedi à Erevan avec l'adoption de mesures pour protéger la nature. La Suisse tire un bilan plutôt positif de cette conférence, même si des efforts doivent être déployés pour atteindre les objectifs fixés d'ici à 2030.

Les objectifs fixés pour 2030 sont «très ambitieux», a indiqué samedi Gabriela Blatter, cheffe de délégation de l’Office fédéral de l’environnement (OFEV), dans une interview accordée à Keystone-ATS. Il faut noter comme point positif que ces objectifs ont donné lieu à un nombre d’actions sans précédent dans le domaine de la protection des espèces et de la biodiversité, a-t-elle relevé.

Parmi les objectifs figurent notamment la protection de 30% des terres et des océans d'ici 2030, la lutte contre la pollution et la restauration des écosystèmes dégradés.

Les objectifs pourraient ne pas être atteints

Pourtant, les objectifs pourraient ne pas être atteints. Pour y parvenir, il faut accélérer leur mise en œuvre, a déclaré Blatter. C’est l’un des enseignements tirés de la conférence. Un catalogue de mesures comprenant des actions concrètes, intitulé «Yerevan Pathway for Action», a également été adopté.

Dans l’ensemble, les résultats de cette conférence sont très bons. «La présidence arménienne a réussi à faire aboutir une décision sur tous les grands enjeux politiques», a déclaré Blatter. Cela montre que les pays sont prêts à faire des compromis et à trouver des accords pour aller de l’avant. Il existe toutefois aussi des Etats qui sont parfois des partenaires difficiles dans le domaine de la biodiversité, comme l’Arabie saoudite, la Russie ou le Brésil, a-t-elle ajouté.

Pour la directrice romande de Pro Natura Sarah Pearson, le fait que les négociations aient abouti est aussi un soulagement. «Ce n'est pas extraordinaire», mais les pays ont «accepté l'état de la situation, c'est-à-dire que la biodiversité va mal et que tous les pays doivent s'engager pour améliorer la situation. Et ces mesures doivent être prises rapidement», a-t-elle déclaré dans le 12:30 de la RTS. Et d'espérer que les pays se mettent au travail.

Impliquer davantage les entreprises

Pour atteindre les objectifs fixés pour 2022, les Etats doivent, par exemple, se concentrer davantage sur les facteurs à l’origine de la perte de biodiversité, tels que le problème mondial des déchets. Un autre point concerne la cohérence des politiques.

«Lorsque différents ministères et services gouvernementaux collaborent, les résultats sont meilleurs. Cela a clairement été démontré», souligne Gabriela Blatter. «Les pays qui associent étroitement la société civile et, surtout, les entreprises à la mise en œuvre de leurs objectifs réalisent des progrès plus importants et de meilleure qualité», ajoute-t-elle.

Pour convaincre les entreprises et les établissements financiers de s’engager, il faut leur montrer qu’il existe bel et bien des opportunités rentables. Dans le domaine climatique, il s’agit notamment de projets liés aux énergies renouvelables, tels que les grands parcs solaires, qui profitent indirectement à la biodiversité, a expliqué Blatter.

L’agriculture dépend de la biodiversité

De nombreuses entreprises et institutions financières manquent encore de sensibilisation à ce sujet. «De nombreuses entreprises étaient certes représentées à cette conférence, mais certainement pas autant qu’à une conférence sur le climat», note la cheffe de la délégation suisse. La protection de la nature et de l’environnement au sens large n'est pas encore suffisamment intégrée directement dans leur cœur de métier.

Or, les entreprises dépendent aussi de la biodiversité. L’agriculture joue un rôle extrêmement important dans ce contexte, comme le montre la grande valeur de la diversité des insectes en tant que pollinisateurs.

Dans un communiqué, l'OFEV rappelle que la Suisse contribue aussi à la mise en oeuvre des objectifs. En adoptant la deuxième phase du plan d’action relatif à la Stratégie Biodiversité Suisse, le Conseil fédéral a encore renforcé les efforts nationaux. Selon les données actuelles, 21,4% du territoire suisse sont protégés.

Pour la directrice romande de Pro Natura, les investissements en Suisse dans la biodiversité sont clairement insuffisants, moins de 0,5% du PIB. «On n'investit vraiment rien dans notre base de vie et ça c'est très préoccupant», déplore-t-elle. Et d'espérer que la Suisse «se réveille». (tib/ats)

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