Nouveau douanier en Suisse, il est rattrapé par son sombre passé
C'est l'histoire d'un ancien gendarme mobile français, avec treize ans de service derrière lui, qui postule fin 2023 à l'Office fédéral de la douane et de la sécurité des frontières (OFDF). Mais, lors de son embauche, il passe sous silence un épisode de sa vie qui s'avèrera être peu reluisant: un passage écourté à la police genevoise qui a (très) mal fini, écrit 24 heures.
Cet homme, que nos confrères appellent Emile* avait en effet été engagé comme aspirant à l'école de police de Savatan, avant d'en être exclu. Interrogé sur cette interruption en 2024, lors du processus d'engagement, il évoque un «gros problème familial», puis persiste par écrit: un «événement familial subit et majeur» aurait forcé cette pause. Convaincue, la douane l'engage à l'été 2024.
Quelques mois après son arrivée à la douane, des collègues l'accusent de propos homophobes. L'enquête interne infirme ces faits, mais pousse à creuser un peu plus dans son passé. Il admet finalement avoir quitté Genève à cause d'un «problème avec une femme», sans autoriser la douane à contacter son ex-employeur.
Les douaniers font alors leurs propres recherches et tombent sur un arrêt de justice genevois en ligne: Émile a, en réalité, été licencié de la police genevoise pour harcèlement sexuel envers plusieurs aspirantes, à l'école de police de Savatan.
«Droit à l'oubli»?
Conséquence: début 2025, l'OFDF libère Émile de son obligation de servir, lui retire son arme et annonce son licenciement. Il assure n'avoir rien voulu cacher, mais vouloir exercer son «droit à l'oubli», et obtient le retrait de l'arrêt genevois d'internet. Mais, quoi qu'il en soit, il est licencié.
Émile saisit alors le Tribunal administratif fédéral, invoquant une violation de son droit d'être entendu, et réclame sa réintégration ou huit mois de salaire, estimant avoir été renvoyé par crainte de réactions de la police genevoise face à son embauche uniquement. Mais les juges estiment que l'argumentaire de la douane est plus pertinent: Émile a «dissimulé autant que possible» son passage à Genève, sans le mentionner dans son CV ni sa lettre.
Verdict: le licenciement est licite, et il n'y aura pas d'indemnités. (dag)
*Nom d'emprunt.
