Un Suisse se fait pincer à 227km/h au lieu de 80 et s’en vante
L'homme a appuyé comme un forcené sur l'accélérateur avant de publier ses excès de vitesse sur les réseaux sociaux. Son besoin de partager ses exploits lui a finalement coûté cher. La police cantonale bernoise est parvenue à identifier le chauffard grâce aux vidéos qui lui avaient été transmises. En mars dernier, quatre jours après les avoir reçues, les policiers se sont présentés au domicile de l'homme, à Aegerten.
Une voiture qui aurait été utilisée lors des infractions a été saisie, a indiqué la police cantonale bernoise mercredi matin. L'homme a dû remettre son permis de conduire. Il encourt en outre une peine privative de liberté pouvant aller jusqu'à quatre ans.
L'individu a reconnu avoir enfreint à plusieurs reprises la loi sur la circulation routière et avoir commis dix grands excès de vitesse dans la région du Seeland bernois entre le 4 février et le 11 mars. A Bühl, à l'est du lac de Bienne, il a notamment accéléré jusqu'à 141km/h dans une zone limitée à 50km/h.
Dans la commune voisine de Kappelen, il a été flashé à 227km/h sur un tronçon où la vitesse maximale autorisée est de 80km/h. Les autorités de poursuite pénale ont établi ces dépassements de vitesse au moyen d'analyses vidéo et d'expertises.
Une tendance au partage qui coûte cher
Ce Bernois n'est pas le premier chauffard à être confondu à cause des réseaux sociaux. En Valais, un automobiliste avait été identifié après avoir publié sur Snapchat une vidéo le montrant roulant à 250km/h sur l'autoroute. Un autre avait diffusé sur TikTok une vidéo dans laquelle il traversait un tunnel autoroutier à 235km/h au lieu des 100km/h autorisés.
Il y a trois ans, le Tribunal fédéral a condamné un Thurgovien qui, à l'âge de 19 ans, avait lancé une voiture de sport à 198km/h hors localité. Une vidéo de sa conduite s'était retrouvée entre-temps sur Instagram… puis entre les mains de la police. Le Tribunal fédéral a estimé que cet enregistrement pouvait être retenu comme moyen de preuve.
Mais alors, pourquoi des chauffards publient-ils sur les réseaux sociaux des preuves pouvant être retenues contre eux dans une procédure pénale?
Livia Bühler, responsable de la psychologie du trafic à l'Institut de médecine légale de l'Université de Berne, avance une explication. Selon elle, ces conducteurs recherchent avant tout une forme de reconnaissance sociale.
Les réseaux sociaux permettent de l'obtenir rapidement et auprès d'un large public. Livia Bühler estime également que ces chauffards cherchent à se vanter et à se mettre en scène à travers leurs vidéos. Elle ajoute également que la plupart d'entre eux ne sont probablement même pas conscients des risques qu'ils prennent par leur comportement. Elle résume:
(kak/CH Media)
