AC/DC récupéré par l'UDC: l'histoire du t-shirt de Jean-Luc Addor
Jean-Luc Addor portait haut les couleurs de l’UDC aux 25 ans de la section neuchâteloise du parti conservateur: un quart de siècle fêté dans la campagne chaux-de-fonnière autour d’une torrée, cette cuisson sous la braise annonçant l’automne. Ce 12 septembre, le conseiller national valaisan arborait un t-shirt noir floqué sur la poitrine des lettres UDC en caractères gothiques, avec un éclair entre le U et DC. Les connaisseurs y ont vu un clin d’œil à AC/DC, le mythique groupe de hard-rock, et non pas un obscur appel du pied d’extrême-droite comme certains pourraient le supputer.
Ils ne se trompaient pas. Le Saviésan confie:
Comme Angus Young, le chanteur de l'iconique formation australo-britannique, le conseiller national était en bermuda le jour de la torrée. En plus du logo UDC revisité, son t-shirt affichait en rouge une tête de hallebarde, l’arme emblématique des confédérés, devenue, depuis 2025, le signe de ralliement du parti nationaliste contre les Bilatérales III, qu’il appelle non sans dédain «accord de soumission». «Suisse libre depuis 1291» complétait par le texte la composition graphique de l'accessoire vestimentaire.
Les gens au courant savent que ce t-shirt est l’œuvre de Patrick Saegesser, comme nous l'apprend Jean-Luc Addor. Membre de l’UDC, Patrick Saegesser tient une boutique d’horlogerie-bijouterie à Crans-Montana, en face du Constellation, lieu de la tragédie du 1er janvier dernier.
Connu comme le loup blanc
Connu comme le loup blanc sur le Haut-Plateau, lui est en revanche un fan absolu d’AC/DC. Il a créé une première version du t-shirt il y a trois ans. Pensé pour les élections fédérales, il lui avait donné le nom de «Switzerland Tour 2023», rappel d’un tournée mondiale d’AC/DC une dizaine d’années plus tôt. Elle était passée par Zurich, et Patrick Saegesser n’avait pas manqué l’occasion d’aller voir le groupe phénomène, qui a des inconditionnels dans toutes les familles politiques.
Aimant la provoc, ce qui lui joue des tours au sein de son propre parti, qui n’en a plus voulu comme président de la section de Crans-Montana, Patrick Saegesser, 55 ans, se définit en ces termes:
Pour coller au thème, il ajoute:
A quelques jours de la votation sur l’initiative «Pour une neutralité perpétuelle et armée» soutenue par l’UDC, Patrick Saegesser n’a toujours pas ôté de la devanture en bois de sa boutique les deux affiches pro-initiative. La police locale, invoquant le règlement sur l’affichage publicitaire et politique, lui a pourtant passé un coup de téléphone le 7 septembre déjà pour lui demander de les retirer, comme il le raconte en détails sur son compte Facebook.
Pour en revenir au t-shirt, décliné en noir et en blanc sur le «shop» de cette figure valaisanne de l’UDC et dont le produit de la vente va, dit-il, à ses actions politiques, Patrick Saegesser rend à César ce qui lui appartient. Les premiers à avoir détourné AC/DC de sa vocation musicale pour la politique sont des voisins du Chablais (vaudois). Avec leur cœur de rockeurs, ils ont fondé en 2017 l’Alliance centriste du Chablais, reprenant l’acronyme AC/DC. Cinq ans plus tard, Canal Plus était venu leur rendre visite.
Ne voulant pas avoir d’ennuis de droits d’auteur, Patrick Saegesser a légèrement abaissé par rapport aux lettres l’éclair emprunté au logo des frères Young. Ses t-shirts sont prêts à l’emploi pour d’autres «Switzerland Tours», les élections fédérales et la votation sur le paquet d’accords Suisse-UE du Conseil fédéral, qui s'annonce comme la mère de toutes les batailles pour le parti à la hallebarde.
