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CFF: une pétition veut interdire la fumée dans les gares

fumer gares
Depuis 2019, les fumeurs sont censés se cantonner aux espaces qui leur sont réservés sur les quais de gare CFF.Image: keystone/watson

Il lance une idée radicale face aux fumeurs dans les gares CFF

Depuis 2019, les fumeurs doivent se cantonner à des zones délimitées dans les gares CFF. Mais ces restrictions ne suffisent pas aux yeux d'un habitant d'Argovie, qui réclame désormais une interdiction totale de fumer sur les quais.
06.11.2026, 11:5506.11.2026, 13:01
Bela Müller / CH Media

Sur les quais des gares CFF, des lignes blanches délimitent les zones dans lesquelles il est permis de fumer, et celles où ça ne l’est pas. Du moins en théorie. Car ces marquages n'empêchent pas certains fumeurs de tirer sur leur clope ou vape à peu près où ça leur chante.

Pour Gonzalo Villarino, peu importe si les fumeurs restent dans leur zone ou non: où qu'ils se trouvent sur le quai, ils constituent une nuisance. Après avoir étudié et travaillé aux Etats-Unis, il est arrivé en Suisse grâce à des liens familiaux. Il vit aujourd'hui en Argovie et prend presque quotidiennement le train pour se rendre à Bâle.

D'origine chilienne, il trouve «incompréhensible» qu'il soit encore possible de fumer sur les quais:

«Tout le monde ne respecte pas les zones d'interdiction, et, dans tous les cas, la fumée ne s'arrête pas aux délimitations. Elle va là où le vent l'emporte»

Interdiction totale

C'est pour cette raison que Gonzalo Villarino a lancé une pétition en faveur de gares entièrement sans fumée. Il bénéficie du soutien de la Ligue pulmonaire, de Cystic Fibrosis Switzerland et de la Société suisse de pneumologie pédiatrique. Il dispose lui-même d'une formation scientifique et travaille comme consultant, notamment dans les domaines de la biotechnologie et des sciences de la vie.

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Dans les gares, les zones d'interdiction de fumer sont clairement signalées.Image: watson

Cela se devine dans le contenu même de sa pétition, publiée sur la plateforme en ligne Change.org: de nombreuses notes de bas de page viennent ponctuer le texte et, à la fin, Gonzalo Villarino répertorie une série de sources complémentaires. Les connaissances qu'il a rassemblées l'amènent à une conclusion sans équivoque:

«Les données scientifiques sont claires: le tabagisme passif est nocif pour la santé et cancérigène»

Toujours moins de fumeurs

Selon l'Enquête suisse sur la santé, près d'un quart de la population helvétique fume. Environ un million de personnes fument quotidiennement dans le pays. Ces chiffres sont toutefois en baisse.

Jusqu'en 2005, on voyait encore des nuages de fumée se former dans les wagons de train. Il est aujourd'hui interdit de fumer à bord. Et depuis 2019, cette interdiction s'applique en principe aussi aux gares, à l'exception des espaces fumeurs signalés.

Faut-il interdire totalement la fumée dans les gares?
Au total, 165 personnes ont participé à ce sondage.

Difficile d'établir à quel point ces règles sont respectées. Interrogés à ce sujet, les CFF indiquent ne pas recenser les rappels à l'ordre liés à la fumée. L'entreprise estime néanmoins que la grande majorité des voyageurs respecte les consignes. Elle admet toutefois:

«Quelles que soient les règles, il y a toujours des personnes qui ne les respectent pas»

Le tabagisme passif recule

Avec la diminution de la consommation de tabac, l'exposition à la fumée passive a elle aussi nettement baissé. Selon le système suisse de monitorage des addictions et des maladies non transmissibles (MonAM), en 2002, 26,5% des non-fumeurs âgés de 15 ans et plus étaient exposés à la fumée d'autrui pendant au moins une heure par jour. Lors de la dernière enquête, menée en 2022, cette proportion atteignait 4,1%.

Malgré cette baisse drastique, le tabagisme passif reste un risque pour la santé des personnes touchées. Selon l'Office fédéral de la santé publique, l'exposition à la fumée d'autrui augmente notamment le risque d'AVC, de cancer du poumon et de maladies coronariennes chez les adultes.

Pour Gonzalo Villarino, «il s'agit d'une exposition nocive que l'on pourrait éviter». Lorsqu'il est arrivé des Etats-Unis, il a eu un véritable choc:

«J'ai été surpris de constater à quel point j'étais fréquemment exposé à la fumée des autres dans les lieux publics, au quotidien»

Pour l'heure, la pétition ne compte que 128 signatures. L'idée de fond trouve pourtant une certaine résonance au sein de la population. Difficile toutefois d'en évaluer l'ampleur: en 2022, 40% des personnes interrogées dans le cadre d'un sondage de l'OFSP se déclaraient favorables à une interdiction de fumer sur les quais. En 2025, cette proportion n'était plus que de 11,5%. Précisons tout de même que le nombre de participants à cette deuxième enquête était nettement inférieur.

Gonzalo Villarino a commencé à tisser des liens avec d'autres personnes qui partagent ses préoccupations, notamment au sein de la Ligue pulmonaire. En revanche, il préfère laisser à d'autres le soin de porter cette idée sur la scène politique. Une telle démarche nécessite, selon lui, le soutien d'organisations spécialisées dans ce domaine. A ses yeux, les CFF ne sont pas les seuls à devoir agir: l'Etat a également un rôle à jouer. Son constat est sans appel:

«C'est un problème bien réel auquel les institutions suisses doivent s'attaquer. Pour l'instant, la Suisse ne parvient pas à protéger suffisamment sa population»

Adapté de l'allemand par Tanja Maeder

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Video: watson
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