«Il nous reste du travail à faire en Suisse romande»: le boss de l'UDC se confie
L'initiative «Pour une Suisse à 10 millions» n'a pas convaincu la population Suisse. Un Röstigraben se profile, mais aussi un fossé villes-campagnes. On a attrapé le président du parti, Marcel Dettling, au stamm du jour du parti à Aarberg, dans le canton de Berne. Déçu, mais de bonne humeur, il répond à nos questions à vif, sur le coup de 14 heures ce dimanche.
Qu'est-ce qui vous a vraiment manqué pour gagner, aujourd'hui?
Eh bien, environ 5%! (rires) Il aurait peut-être fallu une mobilisation encore plus grande dans les campagnes, car c'est elles qui ont voté massivement pour nous aujourd'hui.
Et que pensez-vous du résultat des villes?
Malheureusement, le résultat des villes — Genève, Bâle, Zurich — écrase celui des campagnes. Dans mon canton de Schwyz, la commune de Unteriberg, a voté oui à plus de 90%. Ces gens sont déçus aujourd'hui, ils attendent des solutions. Avec le résultat d'aujourd'hui, aucun des problèmes que nous avons relevés n'est réglé. Ces problèmes vont continuer dans le futur. C'est pourquoi nous ne baissons pas les bras après le résultat d'aujourd'hui, nous n'arrêtons pas le combat pour une immigration modérée.
Avez-vous perdu à cause de la Romandie?
Que se passe-t-il en Romandie? (rires) Ce qui est certain, c'est qu'il nous reste du travail à faire en Suisse romande. Mais les résultats actuels montrent que nous avons plus convaincu aujourd'hui en Suisse romande que lors de l'initiative de 2014 «contre l'immigration de masse» (réd: des propos ont été tenu avant que les résultats soient connus). Mais ce n'est pas la tendance principale aujourd'hui, qui est la différence ville-campagnes. En Suisse romande, par exemple, les districts de la Broye et de la Glâne dans le canton de Fribourg, ont voté «oui» et je m'en réjouis.
La campagne était-elle fair-play?
Globalement, oui. Mais ces dernières deux-trois semaines, les attaques sont devenues beaucoup plus personnelles, avec des pancartes où il était écrit «Non à l'initiative pour empêcher l'UDC de gagner», plutôt que de répondre sur le terrain des arguments.
