Les Suissesses ont battu un record historique au Parlement
Avec les guerres dans le monde, la baisse du pouvoir d'achat et le débat actuel sur l'immigration, les questions d'égalité ont du mal à s'imposer en Suisse. La question de la représentation féminine en politique est elle aussi peu médiatisée. En dehors des gros titres, toutefois, quelque chose bouge à Berne. Les femmes gagnent en visibilité.
L’ancien président des Verts Balthasar Glättli a rejoint le gouvernement de la ville de Zurich, son collègue Felix Wettstein de Soleure a démissionné et le vétéran socialiste bâlois Eric Nussbaumer a pris sa retraite. A chaque fois, une femme a hérité du siège. Lundi encore, deux nouvelles parlementaires ont prêté serment au Conseil national.
Un record de représentation féminine
Chez les Verts, Andrea de Meuron remplace Aline Trede, qui rejoint le gouvernement du canton de Berne. Au PVL, Barbara Portmann reprend le siège argovien au Conseil national laissé vacant par Beat Flach, qui a démissionné. Cela porte la proportion de femmes au Parlement fédéral à un record de 39,4 %.
Au total, les femmes détiennent désormais 97 des 246 sièges du Conseil national et du Conseil des Etats.
Ce record a été rendu possible par le fait que, depuis les élections de 2023, cinq femmes ont remplacé des hommes dans la Chambre basse. Lors des élections, 77 femmes ont été élues au Conseil national, qui compte 200 membres. Sur les 46 sièges du Conseil des Etats, elles étaient 16. Dans la Chambre haute, elles ont depuis perdu un siège après que la verte Céline Vara a rejoint le gouvernement du canton de Neuchâtel, remplacée par Fabien Fivaz.
En 2019, le Parlement fédéral comptait 96 femmes, soit 39 % de représentation, un record historique. Au cours de la législature, ce nombre est brièvement monté à 97. Les élections de 2023 avaient ralenti cette progression, faisant descendre le pourcentage à 37,8 %. Il a depuis remonté de presque deux points.
Des efforts à poursuivre
Devant ces résultats, Kathrin Bertschy, conseillère nationale PVL, résume pour sa part:
Pour la coprésidente de l'association Alliance F, l'évolution actuelle est plutôt le fruit d'un «travail de longue haleine transcendant les clivages politiques». En coulisses, il a fallu beaucoup d’énergie pour que les partis composent leurs listes afin que les femmes aient les mêmes chances que les hommes. Elle poursuit:
Selon Kathrin Bertschy, le fait d’occuper de meilleures places sur les listes électorales permet aux femmes d’avoir davantage de chances d’être élues en cours de législature. Mais il ne faut pas pour autant se reposer sur ses lauriers, précise-t-elle:
C'est aussi pour cette raison qu'Alliance F souhaite relancer à l'automne le mouvement non partisan «Helvetia ruft!» en vue des élections fédérales de 2027. Ce mouvement permettra aux femmes intéressées par la politique et aux femmes politiques d'être accompagnées par des mentors, depuis leur adhésion à un parti jusqu'à la campagne électorale, en passant par leur candidature. Kathrin Bertschy souligne:
