Fiasco du F-35: «Les généraux suisses vivent dans une bulle»
L'acquisition de nouveaux avions de combat pour l'armée suisse continue de faire parler d'elle. Le prix fixe des F-35 appartient depuis longtemps au passé, mais une question se pose: que savait la conseillère fédérale du Centre et alors cheffe du Département fédéral de la défense, de la protection de la population et des sports (DDPS) Viola Amherd?
Il y a quelques semaines, le PS a annoncé qu'il réclamerait une commission d'enquête parlementaire (CEP) sur le sujet. Celle-ci devrait ainsi examiner, entre autres, si la situation que l'on connaît actuellement résulte de la défaillance de personnes isolées ou de lacunes institutionnelles au sein du département compétent.
Le conseiller national du Centre, Gerhard Pfister, réclame lui aussi une telle procédure, dans un entretien accordé à la NZZ, il affirme:
Il s'oppose ainsi à une fraction de son propre parti, qui tend actuellement à rejeter une l'ouverture d'une CEP.
Mais Gerhard Pfister est convaincu qu'une enquête apaisera le débat. «C'est ce qui s'est vu avec Credit Suisse», souligne le conseiller national. Il argumente aussi que la votation sur une hausse de la TVA destinée à augmenter le budget de l'armée ne peut être gagnée que si une CEP a clarifié la situation.
Des critiques à l'égard de Viola Amherd
L'ancienne conseillère fédérale du Centre, qui dirigeait le DDPS pendant les négociations sur l'achat des avions de combat F-35 aux Etats-Unis, n'est pas ménagée par Gerhard Pfister:
Dans l'entretien, il exprime son incompréhension quant à la raison pour laquelle Viola Amherd et le DDPS auraient autant insisté sur la notion de «prix fixe»:
Le problème de la culture du secret dans l'armée
Le député du Centre estime que ses collègues du Conseil national ont eux aussi leur part de responsabilité, car ceux-ci n’auraient pas plus réagi aux avertissements que le Conseil fédéral. Gerhard Pfister l'explique par le fait que, face à une critique du DDPS ou de l'armée, le réflexe consiste souvent à s'en prendre à son auteur plutôt qu'à prendre la critique au sérieux:
L'ancien conseiller fédéral et chef du DDPS, Ueli Maurer, avait lui aussi admis, après son départ, n'être jamais allé au fond des choses concernant l'armée durant son mandat. En raison de ce manque de transparence, les problèmes et les défis ne peuvent être que difficilement résolus, estime Gerhard Pfister. (leo, trad. ysc)
