En 2022, des parlementaires de droite assuraient que la Suisse paierait un prix fixe pour les avions de combat F-35. Ils s’appuyaient alors sur les déclarations de l’ancienne conseillère fédérale Viola Amherd. Qu’en disent-ils aujourd’hui?
11.09.2026, 11:5711.09.2026, 13:05
L’ancienne ministre de la Défense Viola Amherd l’avait répété à maintes reprises: la Suisse avait convenu avec les Etats-Unis d’un prix fixe d’environ 6 milliards de francs pour l’achat de 36 avions de combat F-35. Mais un rapport de la Commission de gestion du Conseil national le confirme désormais: ce prix fixe n’a jamais existé.
Seulement voilà: en 2022, des parlementaires de droite avaient repris l’argument du prix fixe pour répondre aux critiques du Parti socialiste (PS) et des Verts sur l’achat des avions de combat. A l’époque, les parlementaires n’avaient pas accès aux contrats. Ils s’appuyaient sur les informations fournies par Viola Amherd et le Département fédéral de la défense.
Que disaient ces élus lors des débats parlementaires en 2022 et qu’en pensent-ils aujourd’hui?
«La question du prix fixe a été examinée sérieusement. La Commission des finances en a vraiment discuté en détail et nous ne voyons aucun problème à ce sujet»
Le conseiller national du Centre Alois Gmür

Alois Gmür, conseiller national du CentreKeystone
Aujourd’hui, l'élu campe sur ses positions:
«Je maintiens ma déclaration. Le Contrôle fédéral des finances avait attiré l’attention de la commission sur le fait que, même s’il était question de prix fixes dans les documents, il était possible que les parties au contrat ne les respectent pas. La majorité est toutefois partie du principe que l’accord n’était pas conclu avec une république bananière et que les parties respecteraient les prix.»
En 2022, le conseiller national du Centre Thomas Rechsteiner affirmait:
«Nous rejetons cette proposition, car un prix fixe a été convenu pour les nouveaux avions de combat. Cette proposition est de fait sans portée et va à l’encontre du concept. Le besoin en avions ne devrait pas être défini en fonction des coûts d’acquisition, mais de la mission à remplir.»

Le conseiller national du Centre Thomas RechsteinerImage: KEYSTONE
Il se défend aujourd’hui:
«Le 22 juin 2022, l’ambassade des Etats-Unis a confirmé le prix fixe par écrit. C’est sur cette base que j’ai fait cette déclaration»
En 2022, la conseillère nationale PLR Maja Riniker soutenait ses collègues du Centre: «La Commission des finances avait déjà pu lever tous les doutes concernant la question du prix fixe lors d’une précédente séance. Toutes nos questions avaient reçu des réponses satisfaisantes.»

Maja Riniker, conseillère nationale PLR.Image: Keystone
Son avis a un peu évolué:
«Avec les informations dont je disposais à l’époque, je ferais à nouveau la même déclaration le 15 septembre 2022. En revanche, avec tous les faits dont nous avons connaissance aujourd’hui, je ne l’affirmerais plus avec la même évidence.»
En 2022, le conseiller national UDC Mauro Tuena assurait:
«Le prix d’acquisition est un prix fixe, valable jusqu’à la livraison du dernier appareil fin 2030. L’ambassade des Etats-Unis l’a une nouvelle fois confirmé sans la moindre ambiguïté, par écrit et avec signature, dans une lettre adressée à la Commission de la politique de sécurité de votre Conseil. Que voulez-vous de plus, chers collègues assis à ma gauche?»

Mauro Tuena, conseiller national UDC.Keystone
Contacté, l'élu UDC Mauro Tuena n’a pas répondu aux sollicitations par e-mail, message et téléphone.
(trad. hun)
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