Neuf élus de droite trouvent 1,3 milliard pour l’armée suisse à l'apéro
La mobilisation s'est faite par SMS. Après la séance de la Commission de la politique de sécurité, lundi, des conseillers nationaux de droite ont spontanément organisé une soirée autour d'un apéro et d'un repas. Neuf parlementaires ont répondu présent.
L'objectif de cette rencontre conviviale? Permettre à l'UDC, au PLR et au Centre de trouver enfin une solution pour financer l'armée. Les trois partis sont sous pression: faute de compromis, ils risquent de voir une alliance entre le Centre et la gauche prendre les choses en main.
Les conseillers nationaux avaient fixé deux lignes rouges:
- Premièrement, pas question d'augmenter la TVA.
- Deuxièmement, le fonds prévu pour l'armée doit rester lié à son financement. Le Conseil national s'écarte ainsi nettement de la solution du Conseil des Etats, qui prévoit précisément ces deux mesures.
L'apéro et le repas ont porté leurs fruits. Les discussions ont débouché sur une proposition commune, déposée en commission par Thomas Hurter (UDC), Heinz Theiler (PLR) et Martin Candinas (Centre).
Pour boucler leur plan, les neuf élus de droite devaient trouver 1,3 milliard de francs. Ils avaient en effet écarté la hausse de la TVA de 0,2 point de pourcentage, qui aurait rapporté 800 millions par an, ainsi que les 500 millions que le Conseil des Etats souhaitait réaffecter à l'armée sur les moyens destinés à la réduction de la dette liée au Covid. L'UDC refusait cette dernière mesure.
Les élus ont trouvé les 1,3 milliard nécessaires en puisant dans cinq sources:
- Une réduction de 200 millions de francs dans la coopération internationale.
- Une part des moyens destinés à la diminution de la dette liée au Covid serait réaffectée à l'armée (200 millions).
- Un programme d'économies précédemment abandonné serait réactivé (600 millions).
- A partir de 2028, une partie de la croissance annuelle des recettes fédérales serait consacrée à l'armée (100 millions).
- Enfin, 200 millions seraient prélevés sur la part des cantons à l'impôt fédéral direct au profit de l'armée.
«La soirée s'est très bien passée», raconte le conseiller national UDC Thomas Hurter. «Nous avons commencé par dresser la liste de nos points communs, puis écarté les éléments non négociables. Nous disposions ainsi d'une base pour les discussions.» Son collègue PLR Heinz Theiler se réjouit également:
Le conseiller national du Centre Martin Candinas souligne pour sa part: «Nous avons esquissé une solution qui dépasse les clivages partisans. C'était urgent. C'est ce que les habitants de ce pays attendent de nous. Voilà des années que nous tergiversons sur le financement des investissements nécessaires pour l'armée. Et pourtant, la situation internationale ne s'est certainement pas améliorée.»
La Commission des finances examinera d'abord les propositions des neuf parlementaires à la fin de la semaine. La Commission de la politique de sécurité se prononcera ensuite sur leur proposition en novembre. (trad. hun)
