Après la guerre, Illia veut relancer sa carrière de danseur en Suisse
Dans la vie d’Illia Zakharov, la danse est comme un fil rouge. Le jeune homme de foule les parquets depuis l’âge de six ans. Ce qui n’était au départ qu’un loisir est ensuite devenu une pratique sportive. Il explique:
Aujourd’hui, Illia Zakharov vit à Vordemwald, dans le canton d'Argovie, et tente de se construire une nouvelle vie en Suisse, y compris sur le plan de la danse.
Le garçon a découvert les danses de salon à l’âge de cinq ans par le biais d'un danseur. Un an plus tard, il a retrouvé cet entraîneur à l’école:
Plus tard, il a rejoint le United Dance Club de Donetsk, un club du Donbass axé sur le sport de haut niveau. Rapidement, ce ne sont plus seulement la musique et le mouvement qui l’ont attiré, mais aussi la compétition:
La guerre l’accompagne depuis son enfance
Mais son parcours dans le sport de haut niveau n’a jamais été ordinaire. Illia Zakharov grandit à Makïïvka, dans l'oblast de Donetsk. Lorsque certaines parties de cette région sont occupées, dès 2014, il a sept ans. Le jeune homme raconte:
Des entraîneurs et des danseurs quittent la région et, durant un temps, il n’est plus possible d’organiser des compétitions ni de s’entraîner normalement. Sa famille lui permet néanmoins de continuer de danser.
Même après le début de l’invasion russe à grande échelle, en 2022, le danseur continue de s’entraîner. Ses parents consacrent une partie des revenus familiaux à ses entraînements et à ses compétitions. «Ils ont toujours soutenu mon envie de danser», confie Illia Zakharov.
Il terminé l’école à l’été 2024. Mais peu après, son père décède subitement d’une crise cardiaque. La situation devient alors trop difficile pour la famille. Illia explique:
Fin août 2025, Illia Zakharov arrive en Suisse, alors qu'il est âgé de 18 ans.
Depuis le mois de mars, il vit à Vordemwald (AG). Il a appris l’allemand jusqu’au niveau A2 et fréquente désormais l’Ecole cantonale de formation professionnelle. En parallèle, il a recommencé à s’entraîner.
Sur le plan sportif, le garçon avait auparavant gravi les échelons jusqu’à un niveau élevé. En 2021, avec sa partenaire de l’époque, il avait terminé deuxième dans la catégorie standard lors d’un tournoi à Moscou. D’autres succès avaient suivi. En 2024, il avait rempli, en standard comme en latino, les conditions requises pour accéder à la classe A.
Une nouvelle partenaire de danse en Suisse
Avant même son arrivée en Suisse, sa famille avait commencé à chercher des possibilités de s'entraîner ici. Facebook leur a permis d’entrer en contact avec des entraîneurs à Zurich, ainsi qu’avec Shirin Nava Reymond, une jeune femme de Wallisellen, dans le canton de Zurich. Après l’arrivée du jeune homme en Suisse, les deux danseurs se sont rencontrés pour une séance d’essai.
«Elle était un peu sceptique parce qu’à l’époque, je ne parlais absolument pas allemand», raconte Illia Zakharov. Malgré cela, ils ont décidé d’essayer de danser ensemble. Ils forment désormais un duo depuis quelques mois. Il raconte:
Aujourd’hui, Illia Zakharov s’entraîne deux à trois fois par semaine au Unico Dance Club de Zurich, généralement pendant deux à trois heures. Avant son arrivée en Suisse, il s’entraînait trois à quatre fois par semaine, à raison de trois à quatre heures par séance. Mais il confie:
Plus de 700 francs par mois
Son entraîneur estime qu’au moins trois heures d’entraînement individuel par semaine seraient nécessaires pour maintenir et développer son niveau. Grâce à une réduction, le jeune Ukrainien paie actuellement 35 francs par leçon privée, ce qui représente 450 à 460 francs par mois.
A cela, il faut y ajouter 260 francs pour les trajets entre Vordemwald et Zurich. Au total, il dépense donc environ 710 à 720 francs par mois rien que pour les cours. S'ajoutent à cela les stages d’entraînement, les compétitions et l'équipement.
C’est pourquoi le jeune homme de 19 ans cherche désormais un sponsor. Ce soutien lui permettrait de financer régulièrement des leçons privées, des stages d’entraînement et sa participation à des compétitions. Sérieux, il dit:
L’année prochaine, le couple de danseurs devrait en outre pouvoir demander une Swiss Olympic Talent Card. Illia Zakharov ne veut pas promettre que l’aide financière entraînera automatiquement des succès.
«Dans le sport, personne ne peut savoir à l’avance ce qu’il va réussir à accomplir», admet-il. Il ne peut que s’entraîner, travailler sur lui-même et tenter de saisir au mieux cette chance.
A long terme, je jeune homme imagine qu'il pourrait transmettre ses connaissances à des enfants en tant qu’entraîneur. Dans un premier temps, il veut découvrir jusqu’où il peut aller lui-même dans la danse sportive. Il a déjà un grand rêve, fouler un jour le parquet du célèbre tournoi de Blackpool, en Angleterre. «Et, bien sûr, le mieux serait d’y gagner», lance-t-il
Les personnes qui souhaitent soutenir Illia Zakharov dans son parcours sportif peuvent contacter Stephan Niklaus auprès de l’administration communale de Vordemwald. (trad. tib)
