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Santé: voici ce qui fait le plus peur aux Suisses

Les Suisses ne veulent pas vivre éternellement, mais vivre longtemps en bonne santé. (Image d'illustration)
Les Suisses ont des habitudes étonnantes en matière de santé et d'IA.Image: Keystone

Les Suisses aiment leur système de santé, mais pas autant que ces deux pays

Les Suisses sont satisfaits de leur système de santé. Seul le fait qu'il soit coûteux est jugé négativement. Le Stada Health Report 2026 apporte également des résultats surprenants, notamment en comparaison avec nos voisins.
08.07.2026, 13:3408.07.2026, 13:34
Anna Wanner / ch media

Lorsqu'on interroge la population sur l'état du système de santé suisse, on obtient toujours à peu près la même réponse: la prise en charge est bonne, elle compte sans doute parmi les meilleures au monde. Seulement, elle est aussi coûteuse, et l'éternelle discussion sur les primes maladie n'est jamais loin.

Le Stada Health Report 2026 confirme cette position. Mais il montre également que la Suisse est un îlot de bonheur. Chez nos voisins, la satisfaction diminue nettement. Les Allemands, en particulier, s'inquiètent de l'accès de plus en plus limité aux soins médicaux. C'est ce que révèle cette vaste enquête menée en collaboration avec le fabricant de produits pharmaceutiques Spirig.

Pour cette étude, près de 20 000 personnes ont été interrogées dans 20 pays européens, dont 500 en Suisse. Voici les résultats surprenants qui en ressortent.

La Suisse sur le podium, mais pas première

90% des Suisses jugent leur système de santé plus positivement que celui d'autres pays, y compris nos voisins directs. Mais lorsqu'il s'agit de la satisfaction à l'égard de la prise en charge, deux nations devancent la Suisse. La Belgique occupe la première place, l'Ouzbékistan reçoit l'argent, et la Suisse doit se contenter du bronze.

L'auteur de l'étude, Sven Arn, explique cela par des changements importants dans certains systèmes de soins. Ainsi, les Belges n'ont plus besoin de payer eux-mêmes leurs factures médicales, les caisses-maladie s'en chargent directement. D'autres prestations y sont également nouvellement couvertes par l'assurance. En Ouzbékistan, la numérisation et l'intelligence artificielle (IA) permettent de mieux desservir médicalement de vastes régions du pays.

Une bonne qualité de vie comme objectif principal

La tendance globale à la longévité n'a pas encore atteint la Suisse, ou alors la population ne s'en préoccupe pas. Vivre longtemps n'est pas considéré comme prioritaire par les personnes interrogées. En revanche, toutes les réponses indiquent que la qualité de vie importe davantage que sa durée.

Beaucoup de répondants disent y contribuer eux-mêmes, et la volonté de renoncer aux sucreries, à la restauration rapide ou au temps passé devant les écrans pour préserver sa santé est grande. En revanche, cette résolution diminue lorsqu'il s'agit de réduire sa consommation d'alcool ou de viande.

Les personnes âgées prennent en main leur bien-être à un âge avancé.
En Suisse, la qualité de vie prime sur la longévité.Image: Gaëtan Bally / Keystone

Des inquiétudes malgré une bonne santé mentale

La Suisse se positionne clairement au-dessus de la moyenne en matière de santé mentale. En ce sens, 71% des répondants estiment se sentir psychiquement en bonne santé. C'est nettement plus que l'Italie et la France (69% chacune), l'Allemagne (60%) et l'Autriche (61%). Les Roumains, les Bulgares, les Serbes et les Ouzbeks affichent toutefois un meilleur état de santé mentale.

La situation change toutefois lorsqu'on demande quelle est l'actuelle plus grande menace pour la santé. 58% des Suisses citent alors l'augmentation des problèmes de santé psychique, un chiffre nettement supérieur à la moyenne européenne. Dans d'autres pays, le vieillissement de la population et le manque de personnel spécialisé disponible sont jugés bien plus préoccupants.

Peu de confiance envers l'intelligence artificielle

Alors que d'autres pays encouragent l'utilisation de l'IA dans le domaine de la santé, les Suisses, eux, restent réservés. Selon l'étude, 51% des personnes interrogées se montrent ouvertes à cette technologie, en particulier parmi les plus jeunes.

Cependant, 48% des sondés rejettent clairement le recours à un conseil fourni par IA. Par comparaison avec d'autres pays européens, l'étude analyse:

«Plus le système de santé fonctionne bien, plus la population se montre réservée face au remplacement technologique.»

De la confiance et de l'automédication

En définitive, on observe une grande confiance en soi dans la gestion de sa propre santé. Ainsi, 95% des Suisses interrogés admettent recourir à l'automédication. C'est notamment le cas pour les douleurs légères, la grippe ou les troubles gastro-intestinaux bénins, pour lesquels la plupart des sondés se fient à leur propre expérience. «Elles savent ce qui fonctionne pour elles», commente Sven Arn.

Dans d'autres pays, les longs délais d'attente pour obtenir un avis médical entraînent également davantage d'automédication. Hans-Peter Borger, General Manager de Spirig HealthCare AG, conclut que le système de santé suisse est d'une grande qualité, mais que la population dispose également d'une compétence individuelle en matière de santé particulièrement développée.

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