«Les scandales s'enchaînent»: le F-35 va coûter encore plus cher
Avec une régularité désormais bien établie, le département fédéral de la Défense (DDPS) invite les médias à des «discussions techniques». Leur but: réagir aux critiques incessantes du Contrôle fédéral des finances. A propos des drones, des projets informatiques ou de l'acquisition des F-35, par exemple.
Cette fois-ci encore, il était question de l'avion américain, ou plus précisément des mesures de construction nécessaires pour lui.
Une forte hausse des coûts qui fait réagir
Ces mesures coûteront apparemment beaucoup plus cher à la Suisse, écrivent les contrôleurs financiers dans un rapport publié mercredi:
A l'origine, un plafond avait été fixé à 120 millions. En outre, le contrôle financier a identifié des projets «matériellement et temporellement en lien» avec les F-35. Des projets à 50 millions de francs.
Ces nouveaux dépassements suscitent de vives critiques. Le Parti socialiste demande de renoncer purement et simplement à l'achat. Pour le conseiller national, Fabian Molina (PS/ZH):
L'élu parle d'un comportement irresponsable du Conseil fédéral, qui campe sur ses positions. Le PS remet en question les estimations du DDPS depuis des années. Non seulement en ce qui concerne l'achat, mais aussi l'entretien des avions. Et les faits semblent donner raison aux socialistes.
Fabian Molina critique par ailleurs la coopération avec les Etats-Unis, un partenaire de moins en moins fiable en matière de politique de sécurité. Il déclare:
Un calendrier également fustigé
Les contrôleurs financiers s'inquiètent non seulement des coûts, mais aussi du calendrier. Le DDPS aurait notamment sous-estimé les procédures de planification, risquant d'entraîner des retards. Le pire des scénarios prévoit même une escale des nouveaux engins dans un autre pays.
Pour le reste, les prévisions pessimistes de l'organe de contrôle étonnent le DDPS. En effet, son secrétaire général adjoint, Robert Scheidegger, estime ce scénario peu réaliste.
Anciennement responsable des rapports du département au sein du Contrôle fédéral des finances, il a reconnu une marge de progression en matière de transparence. Il explique qu'on ne saurait cependant imputer les plus-values uniquement à l'avion de combat le plus moderne au monde. Elles sont également liées à la hausse du prix des matériaux de construction. Dans le cadre du prochain message sur l'armée, le chef du DDPS, Gerhard Pfister, doit demander un crédit supplémentaire au Parlement.
Une volonté de transparence
A Meiringen (BE), où l'engin doit être stationné, le DDPS souhaite également instaurer davantage de transparence pour gagner la confiance de la population. C'est du moins ce que l'on déduit des publications de l'armée dans son bulletin Flugplatznews.
Ainsi, dès cette année, tous les bruits autour de l'aérodrome seront répertoriés en temps réel sur internet. Huit micros ont été installés pour ce faire à différents endroits de la vallée. Le DDPS souhaite répondre à une autre demande des habitants de l'Oberland: avant son stationnement définitif, le F-35 retournera dans l'aérodrome militaire pour effectuer de nouvelles mesures.
L'armée de l'air prévoit apparemment une comparaison directe entre l'actuel F/A-18 et le nouveau F-35, toujours d'après le magazine de l'armée. Chacun pourra ainsi se créer sa propre opinion «sur l'ampleur de la différence», explique le commandant de l'aérodrome Marc Studer.
Le test serait:
Il rassemble le Secrétariat général du DDPS, l'aérodrome militaire, le Canton, la préfecture et les représentants des communes de la région Haslital-Brienz.
(Traduit et adapté par Valentine Zenker)
