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Pourquoi ce type de personnes supportent mieux la canicule

Ce type de personnes supportent mieux la canicule, voici pourquoi

Le professeur Hanns-Christian Gunga explique les raisons scientifiques qui permettent à certaines personnes de mieux supporter la chaleur.
Le professeur Hanns-Christian Gunga explique les raisons scientifiques qui permettent à certaines personnes de mieux supporter la chaleur.Image: montage watson
Tout le monde n'est pas logé à la même enseigne lors qu'il s'agit d'affronter la canicule. Certains organismes s'adaptent mieux que d'autres en raison de différents facteurs.
12.07.2026, 11:5312.07.2026, 11:53
Simon Maurer / ch media

La vague de chaleur pèse sur la quasi-totalité de la population. Beaucoup préféreraient hiberner jusqu’à l’automne. Ceux qui souffrent particulièrement des températures actuelles ne sont toutefois pas simplement plus sensibles ou plus enclins à se plaindre. Dans bien des cas, leur organisme s’adapte tout simplement moins bien à la chaleur.

Cela s’explique d’abord par des facteurs sur lesquels nous n’avons aucune prise, comme la génétique, qui détermine notamment le nombre de glandes sudoripares ou l’épaisseur de la peau (une peau fine, qui laisse mieux passer la chaleur, constitue un avantage). D'autres facteurs, sur lesquels il est possible d’agir, jouent un rôle encore plus important.

Jusqu'à quatre litres de sueur par heure

Hanns-Christian Gunga, professeur de médecine des environnements extrêmes et de médecine spatiale à la Charité de Berlin, l'explique ainsi: «En principe, le corps humain régule la chaleur grâce à l’activité des glandes sudoripares». Or, leur efficacité varie fortement d’une personne à l’autre. Il détaille:

«Une personne moyenne perd environ un à un litre et demi de liquide par heure lorsqu’il fait chaud en été»

Les personnes habituées à la chaleur et les sportifs de haut niveau peuvent toutefois produire jusqu’à trois ou quatre litres de sueur par heure, selon Hanns-Christian Gunga. Cette capacité améliore nettement le confort, car elle permet d’évacuer la chaleur au lieu de la laisser s’accumuler dans l’organisme et solliciter le système cardiovasculaire.

«Même les sportifs de haut niveau devraient toutefois éviter les efforts physiques intenses par les températures actuelles»

Le tube digestif ne peut cependant absorber qu’environ un litre et demi de liquide par heure. Si l’on transpire davantage que ce que l’on peut réhydrater, on s’expose à un déficit potentiellement dangereux pour la santé, ce qui rend les températures supérieures à 30 degrés préoccupantes d’un point de vue médical.

Se peser pour estimer sa déshydratation

Hanns-Christian Gunga recommande donc de monter chaque matin et chaque soir sur la balance, non par souci d’apparence, mais pour préserver sa santé. Cela permet de mesurer la quantité de liquide réellement perdue au cours de la journée.

«Je le fais moi-même et je constate souvent que j’ai perdu un kilo le soir»

Une fois cette perte identifiée, il lui suffit de boire quelques verres d’eau pour compenser et préparer son organisme pour le lendemain.

L'efficacité primordiale des vaisseaux sanguins

Il existe également un autre facteur sur lequel il est possible d’agir et qui fait toute la différence lorsque le thermomètre grimpe: la capacité des vaisseaux sanguins de la peau à assurer une bonne circulation. Plus ils transportent de sang, plus l’organisme peut évacuer efficacement la chaleur interne, le sang se refroidissant au contact de la surface de la peau. Hanns-Christian Gunga résume:

«La bonne santé du système cardiovasculaire et des reins est déterminante»

Des vaisseaux sanguins bien entraînés permettent donc une meilleure circulation sanguine et offrent un meilleur confort par temps chaud. Comme la capacité à transpirer, cette aptitude peut aussi être améliorée par l’entraînement.

Les ouvriers du bâtiment protégés par une protéine

La science connaît également un troisième mécanisme qui peut être renforcé avec un peu d’entraînement pour améliorer la tolérance à la chaleur: les protéines de choc thermique, découvertes il y a seulement quelques décennies. A l’échelle moléculaire, elles empêchent littéralement notre organisme de «cuire». Le chercheur berlinois développe:

«Ces protéines, appelées HSP (Heat Shock Proteins), jouent un rôle de protéines auxiliaires qui protègent toutes les autres protéines essentielles contre leur dégradation sous l’effet de la chaleur, en favorisant leur repliement correct»

Elles sont présentes chez tout le monde en faible quantité, mais leur production augmente lorsque l’organisme est soumis à un stress physique, par exemple en raison d’un fort rayonnement ultraviolet ou des fortes chaleurs estivales. Hanns-Christian Gunga poursuit:

«Des études menées au Turkménistan, où les températures peuvent dépasser 45 degrés en été, montrent que les personnes habituése à ces conditions présentent des concentrations nettement plus élevées de HSP dans leur sang»

Ces personnes sont ainsi mieux protégées contre les effets destructeurs des températures extrêmes que des employés de bureau européens. Le même phénomène a été observé chez les ouvriers qui travaillent quotidiennement sous de fortes chaleurs et y sont acclimatés.

KEYPIX - Martin, Bauarbeiter von der Grossmuensterbaustelle, macht seine Mittagspause an der Limmat und schuetzt seinen Kopf gegen die Sonne mit seinem Badetuch, fotografiert am Freitag, 19. Juni 2026 ...
Les ouvriers qui travaillent régulièrement à l'extérieur peuvent s'acclimater à la chaleur écrasante.Image: KEYSTONE

Un entraînement est possible

Un certain effort est toutefois nécessaire pour entraîner ces trois systèmes de régulation de la chaleur, car leur adaptation est lente. En commençant progressivement afin d'avoir une phase d’acclimatation, il faut ainsi s’exposer à des températures élevées pendant au moins deux heures par jour durant quatorze jours.

Ces sollicitations quotidiennes sont indispensables pour que l’organisme s’habitue à des températures supérieures à 30 degrés. Hanns-Christian Gunga avertit cependant:

«Il faut absolument faire preuve de bon sens. Les personnes souffrant de maladies rénales, qui présentent souvent aussi des limitations cardiovasculaires, ou celles qui prennent certains médicaments, devraient limiter leur activité physique et veiller à boire suffisamment. Sinon, elles s’exposent à de graves conséquences pour la santé pouvant aller jusqu’au décès»

(btr/az)

A propos de Hanns-Christian Gunga
Parfois surnommé le «pape de la chaleur», le professeur Hanns-Christian Gunga est l’auteur de plusieurs ouvrages de vulgarisation et de référence consacrés à la chaleur. Il a notamment publié le guide Tödliche Hitze: Was extreme Temperaturen im Körper bewirken und wie wir uns schützen können («Chaleur mortelle: les effets des températures extrêmes sur le corps et comment s’en protéger»).
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Le professeur Hanns-Christian Gunga, de l'Universitätsmedizin de Berlin.Image: Universitätsmedizin Berlin
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source: sda / michel euler
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