Harcèlement et complotisme sont-ils liés?
«Se représenter le monde comme un endroit dangereux, plein de manigances, où le mal doit être combattu par la violence, ne surgit pas dans l'esprit d'une personne du jour au lendemain», explique Hanne Duindam, de l'Université d'Utrecht (NL). Pendant la pandémie de Covid-19, qui a vu les théories du complot se multiplier sur la toile, la professeure a voulu savoir d'où provenait cette vision du monde.
Pour répondre à sa question, la scientifique est allée chercher des données à Zurich. Là-bas, un projet de la municipalité suit environ 1500 jeunes depuis 2004. Les participants ont été recrutés à l'âge de 7 ans et sondés au fil du temps, une dernière fois à l'âge de 24 ans. Cette étude est conduite par l'Université de Zurich et est financée par le Fonds national suisse (FNS).
Exposition accrue
L'équipe dirigée par la professeure Duindam a pu montrer, grâce à ces données que certains participants à l'étude avaient perdu confiance après avoir subi, durant leur jeunesse, du harcèlement. D'autres se sont par ailleurs montrés de plus en plus méfiants par rapport à leur environnement ou ont dû supporter d'importantes charges émotionnelles. Ces personnes, à l'âge de 24 ans, avaient au final davantage tendance à avoir des pensées complotistes et des idées extrémistes.
Les travaux ont fait l'objet d'une publication dans la revue Journal of Youth and Adolescence.
Ces résultats sont aussi importants afin d'éviter la stigmatisation des complotistes.
(ats/vz)
