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«On se sent trop chanceux d'avoir été dans ce stade»

Image: DR/watson
Ils y étaient. Joël et Lionel, deux supporters neuchâtelois, ont vécu le match Suisse-France depuis les gradins à Bucarest. Ils nous racontent les montagnes russes des émotions, le feu final et la fierté de la victoire.
29.06.2021, 19:0130.06.2021, 17:09
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«On vous répond après, on mange du coquelet là!» Ils taquinent mais – promis – ils assurent ne pas avoir été trop méchants avec les Français. Ce sont les Suisses qui les ont fait vibrer et il n'y a qu'eux qui comptent.

Lionel et Joël sont attablés dans un restaurant de Bucarest, ce mardi midi. Il y a quelques heures, ces deux Neuchâtelois de 29 et 30 ans étaient debout dans les gradins du stade où la Suisse du football a écrit une page de son histoire. Sous leurs yeux.

A J+1, ils provoquent (gentiment)

Image: DR

Ils ont eu chaud,
leur cœur aussi

«On a prouvé à l'Europe qu'on est pas juste les "petits" Suisses et qu'on sait jouer en équipe, contrairement aux Français durant cet Euro», lâchent les deux supporters, pas peu fiers des leurs.

Leur cœur – comme celui de tous ceux qui ont regardé le match d'ailleurs – a failli lâcher durant la rencontre. Ils racontent avoir croulé sous les émotions des ballons qui s'enfoncent au fond des filets sans crier gare. Mais aussi sous la chaleur de juin.

Et tout à coup, le ciel s'est plombé. Durant ces quelques minutes où la Suisse perdait 3-1, ça a été la parenthèse «désespoir». Joël raconte:

«Il y a eu un énorme silence dans le stade. Les gens ont arrêté d'encourager les joueurs d'un coup. Mais ça n'a pas duré longtemps. A 3 à 2, on a recommencé à y croire!»

Être plus près des joueurs, ça aurait été difficile

Image: DR

Puis est venue l'égalisation. Le 3-3. Flamboyant. L'étincelle s'est changée en feu. «On s'est vraiment dit que gagner était possible». A l'explosion finale, ils n'ont pas pleuré. Ils étaient bien trop occupés à crier, à laisser leur joie jaillir pour de bon. «J'avoue qu'on était épuisé de toutes ces montagnes russes», confie Joël.

Chambrer les Français
mais pas trop

Oui, ils ont quand même entonné quelques chants pour chambrer les perdants. «Mais c'était de bonne guerre». Les supporters roumains les ont félicités et ils ont filé au lit. Véridique. «On n'a pas eu le choix, à cause du Covid, tout ferme à minuit au centre-ville».

Au réveil ce mardi, Joël et Lionel étaient plus reposés que les Suisses qui, au pays, ont fait chauffer moteurs, foies et cordes vocales une bonne partie de la nuit. «Avec les émotions, ça n'a pas été facile de trouver le sommeil, mais le réveil sans gueule de bois, c'était cool».

A Vendredi pour remettre ça?

Puisqu'ils sont frais, ils tentent déjà de se dégotter un billet pour le quart de final de vendredi. Sur un malentendu, ça peut marcher.

Psssst! On ose encore leur demander s'ils envient le supporter jurassien transformé en «mème lord» plus vite que son ombre.

«Non, non! On n'est pas jaloux du Jurassien. On se sent déjà trop chanceux d'avoir pu être dans ce stade!»

Scrutez quand même bien les écrans vendredi soir. Lionel et Joël pourraient essayer de lui voler la vedette. (Ou pas).

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