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Image: Keystone

Mario Gavranović, ce coéquipier parfait

Il n’est pas le joueur le plus médiatisé de la Nati, mais son crochet de lundi soir, face à Presnel Kimpembe, restera à jamais gravé dans nos mémoires. Portrait d’un joueur qui a fait chavirer toute la Suisse dans une ivresse de joie trop peu expérimentée ces dernières années.

Jonathan Amorim
Jonathan Amorim



Un parcours atypique

Il voit le jour le 24 novembre 1989 à Lugano, au Tessin, de parents issus de la communauté croate de Bosnie-Herzégovine. Mario Gavranović débute le football à l’AS Vezio, avant de rejoindre rapidement le Team Ticino, puis la première équipe du FC Lugano à 17 ans. Au Cornaredo, il marque 8 buts en 24 rencontres de Challenge League. Il préfère ne pas brûler les étapes et rejoint Yverdon-Sport en 2008, avant de faire le grand saut en Super League à Neuchâtel Xamax. A la Maladière, il inscrit 10 buts en 20 matchs lors de la saison 2009-2010.

Mario Gavranovic, gauche, de Xamax, en duel avec Vilmos Vanczak, droite, de Sion lors de la rencontre de football de superleague entre la FC Neuchatel Xamax et le FC Sion, ce samedi 1er aout 2009 au Stade de La Maladiere de Neuchatel. (KEYSTONE/Dominic Favre)

Gavra lors de son passage à Xamax, au duel ici avec le légendaire défenseur hongrois du FC Sion, Vilmos Vanczák. Image: KEYSTONE

Il s’envole par la suite pour l’Allemagne et Schalke 04, où la concurrence l’empêche de se faire une place dans le onze. Il est prêté à Mayence avant de revenir en Suisse, au FC Zurich, en 2012. Mario Gavranović restera quatre ans au FCZ pour un bilan de 37 buts en 110 rencontres.

FCZ's Mario Gavranovic celebrates after winning the Swiss Cup final soccer match between FC Basel and FC Zurich at the Stade de Suisse stadium in Bern, Switzerland, Monday, April 21, 2014. (KEYSTONE/Gian Ehrenzeller)

À Zurich, Mario remporte deux Coupes de Suisse, en 2014 et en 2016 Image: KEYSTONE

En 2016, à l’âge de 27 ans, il prend la décision de poursuivre sa carrière en Croatie, au HNK Rijeka, qu’il aide à obtenir un titre de champion en 2017. C'est le premier sacre de l’histoire du club. En 2018, il rejoint le tout puissant Dynamo Zagreb. Depuis son arrivée, Mario a inscrit 47 goals en 127 matchs, un bilan impressionnant comme celui qu'il a laissé à Rijeka: 40 buts en 80 parties.

La Croatie, le choix de carrière du cœur

Si le championnat croate est peu médiatisé en Europe occidentale, il n'en reste pas moins très compétitif. Il est classé actuellement à la 18ème place du coefficient UEFA, juste devant la Suisse et juste derrière la République tchèque. La Croatie est un pays de football qui vibre au rythme des exploits de ses deux grands clubs que sont le Dynamo Zagreb et l'Hajduk Split. Les derbys y sont très chauds. D'origine croate, Mario Gavranović a fait le compréhensible choix du cœur, en 2017, en rejoignant Rijeka puis Zagreb. Une décision payante puisque le Suisse s'éclate en Croatie et évolue chaque année en Ligue des Champions ou en Europa League.

Un but de Mario Gavranović lors du derby chaud-bouillant contre l'Hajduk Split 🥵🇭🇷

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Vidéo: YouTube/Karlo Kovac

Le coéquipier parfait

En France, Didier Deschamps a fait de la notion de groupe son élément principal dans sa façon de gérer son équipe. Un management qui l’a conduit au sommet du football mondial en 2018, après des années difficiles entachées de problèmes internes. En 1998, Aimé Jacquet n’avait pas hésité à affirmer que les joueurs les plus difficiles et importants à gérer dans un groupe, lors d’une compétition internationale, sont les remplaçants. Il leur accordait une attention toute particulière pour les garder concernés, histoire d’éviter de faire exploser le groupe.

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Toute équipe de football, de la 5ème ligue à la Super League, devrait avoir un Mario Gavranović dans son vestiaire. keystone

La Suisse est relativement épargnée par les problèmes internes depuis de nombreuses années. La gestion humaine du groupe par Vladimir Petkovic semble être la bonne, les joueurs sont derrière lui (la célébration du capitaine Granit Xhaka après la qualification face à la France en témoigne). Mario Gavranović fait partie de ces joueurs, toujours appelés, mais avec un rôle de remplaçant, de joker. Un rôle qui peut paraître ingrat et que certains joueurs refuseraient d’endosser. Pas Mario Gavranović, qui s’est toujours mis au service du collectif, se définissant lui-même comme un joueur d'équipe et répondant toujours présent lorsque la patrie a eu besoin de lui. La preuve encore ces dernières semaines.

Un vieux match amical contre le Liechtenstein pour l’équipe B, après une saison éprouvante? Mario en plante trois. On galère contre le Pays de Galles? Mario rentre dans les dernières minutes, marque, mais est signalé hors-jeu. On mène contre la Turquie? Pas de souci, Mario se contente du dernier quart d'heure en attendant son moment de gloire, quelques jours plus tard.

Ce tweet 😍

Contre la France, il saute du banc, marque une première fois, hors-jeu à nouveau, puis égalise à la 89ème minute d’une frappe croisée magistrale, après avoir envoyé au tapis Kimpembe d’un crochet d’une propreté déconcertante. Sa réaction d’après-match au micro de la RTS est par ailleurs très représentative de ce joueur qui préfère mettre en avant la performance collective:

«C’est incroyable ce que l’on a fait aujourd’hui. Félicitations à tout le monde, on a joué en équipe et on a mérité cette soirée. Après le 3-1, on a continué d’y croire. Après mon but annulé, je suis resté concentré et cette occasion est parvenue. J’ai pris la bonne décision sur ma frappe qui a permis à l’équipe de réaliser un bon travail en prolongations, avant d’être formidables lors de la séance de tirs au but.»

En plus de ce rôle de joker sur le terrain, Gavranović est un parfait polyglotte grâce à ses diverses expériences en Suisse et à l'étranger. Il parle l’italien, le français, l’allemand, l’anglais et le croate. Des langues forcément importantes dans un vestiaire comme celui de l’équipe de Suisse et qui permettent au Tessinois de communiquer avec l’ensemble de ses coéquipiers, mais également avec toute la presse du pays. De quoi encore améliorer son image et renforcer son statut de cadre et d’élément important du vestiaire de la Nati.

Switzerland's soccer player Mario Gavranovic speaks to journalists during a training session prior to the UEFA EURO 2020 soccer tournament at the Dalga Arena, in Baku, Azerbaijan, Wednesday, June 9, 2021. The UEFA EURO 2020 soccer tournament will be held from 11 June to 11 July 2021. (KEYSTONE/Jean-Christophe Bott)

Buongiorno, ich heiße Mario Gavranović et je suis un élément important de la Nati. Image: KEYSTONE

Un profil unique et décisif

Mario Gavranović pourrait être décrit comme un numéro 9 à l’ancienne, à la Michael Owen. Petit, remuant, il prend les espaces, décroche et, surtout, marque beaucoup de buts: 15 en 34 sélections. Remarquable, d'autant plus que la plupart de ses sélections ne sont que des bouts de match. En comparaison, Breel Embolo a inscrit 6 buts en 44 matchs, Haris Seferovic 21 en 75 parties.

Des bilans différents pour des joueurs au profil différent. Embolo joue de sa puissance, peut prendre l’aile, alors que Seferovic est un joueur de surface qui a besoin de bons ballons pour conclure, comme il en a eu lundi soir contre la France. Symboliquement, c'est face à la Croatie que Mario Gavranović s'est montré le plus efficace lors de sa carrière en équipe nationale.

Les victimes de Mario Gavranović en sélection:

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Une scène que les joueurs et supporters de la Nati espèrent revivre vendredi contre l'Espagne. image: keystone

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source: keystone
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