Pourquoi le prix des hypothèques remonte en Suisse
Comme le relève Comparis, les taux indicatifs des hypothèques à taux fixe sur cinq et dix ans ont pris l'ascenseur fin décembre, passant respectivement à 1,61 et 1,91%. Dans le même temps, une tendance vers les échéances de huit ou neuf ans dans les souscriptions d’hypothèques à taux fixe est observée.
Dirk Renkert, expert Argent Comparis, explique:
Le rôle de l'inflation et des taux directeurs
En décembre, la Banque nationale suisse a maintenu son taux directeur à 0%, alors que l’inflation a fortement ralenti et atteint 0% en novembre. La Banque centrale européenne a également laissé son taux inchangé à 2%, l’inflation se rapprochant des estimations annoncées en se stabilisant à 2,1%. Renkert commente:
A l’inverse, la Réserve fédérale américaine a, de façon inattendue, abaissé son taux pour la troisième fois consécutive, dans la fourchette des 3,5–3,75%. Motif invoqué: la «faiblesse du marché du travail», malgré des incertitudes sur l’évolution future de sa politique monétaire et sur ses chiffres de l'inflation, incomplets en raison du «shutdown» du gouvernement l'année dernière.
Ces données sont importantes, car les décisions des banques centrales influencent le coût des emprunts, y compris des hypothèques.
Une évolution à la hausse
Fin décembre, les taux indicatifs des hypothèques fixes ont augmenté, atteignant 1,91% sur dix ans et 1,61% sur cinq ans, soit une hausse de 0,23 point de pourcentage par rapport à septembre et au début de l’année.
Cette évolution s’explique par la remontée des taux du marché des capitaux au quatrième trimestre, notamment du rendement des obligations fédérales et des taux de Swap, qui servent de base au calcul des hypothèques à taux fixe. L'évolution de ces derniers peut être consultée ci-dessous:
Fin 2025, les hypothèques Saron de premier rang étaient proposées en moyenne entre 0,8 et 1,2%, tandis que les hypothèques à taux fixe s’établissaient entre 1,2 et 1,6% sur cinq ans et entre 1,5 et 1,9% sur dix ans.
Ces conditions sont en hausse par rapport à septembre, où les hypothèques Saron se situaient entre 0,7 et 1,2%, celles à taux fixe sur cinq ans entre 1,0 et 1,5% et sur dix ans entre 1,3 et 1,8%.
Un changement d'approche généralisé
Au quatrième trimestre, les hypothèques de courte durée (jusqu’à trois ans, y compris Saron) représentaient environ 17% des souscriptions, avec les hypothèques Saron à 8%.
La part des hypothèques à taux fixe de durée moyenne (de quatre à sept ans) a diminué, passant à 28%, tandis que les hypothèques à taux fixe sur dix ans et plus restaient majoritaires avec un peu plus de 40%. La part des durées intermédiaires de huit à neuf ans a quant à elle, augmenté, atteignant environ 14%. Dirk Renkert commente:
Cela montre que les emprunteurs privilégient désormais plus de flexibilité et de coûts raisonnables plutôt que de bloquer leurs hypothèques sur le très long terme. Les durées intermédiaires et les taux variables gagnent du terrain, tandis que les très longues durées à taux fixe deviennent moins populaires.
(ysc)
