La flambée immobilière met ces propriétaires sous tension en Suisse
Le doublement des prix de l'immobilier ces 25 dernières années pourrait placer les propriétaires de longue date en délicatesse. Calculés sur la base de la valeur du bien, les critères de solvabilité pour bénéficier d'un prêt hypothécaire augmentent par conséquent aussi.
Il s'agit en particulier de la capacité financière, basée sur les frais d'entretien et les charges qui représentent environ 1% de la valeur du bien. Pour cocher ce critère, les dépenses durables consacrées au logement ne devraient pas dépasser un tiers du revenu.
Or, «si la valeur du bien immobilier augmente, le montant calculé des frais d'entretien et des charges augmente et doit être couvert par des revenus supplémentaires», écrit Moneypark dans un communiqué diffusé mardi. De plus, si l'état du bien immobilier se détériore pendant la durée de propriété, le pourcentage utilisé pour le calcul peut augmenter, ce qui renforce encore l'exigence de capacité financière, poursuit le portail financier.
Des rentes insuffisantes
Dans leur analyse menée sur 500 biens immobiliers achetées en l'an 2000 en Suisse romande et outre Sarine, les experts de Moneypark montrent que la valeur moyenne est passée de 730 000 francs à 1,42 million. Les acheteuses et acheteurs de l'époque devraient aujourd'hui pouvoir compter sur environ 20% de revenus supplémentaires pour assurer leur capacité financière.
Et même si les salaires nominaux ont progressé de 30% au cours de la période, la situation se corse au moment du départ à la retraite, puisque la rente s'avère souvent insuffisante.
Dans l'exemple cité par Moneypark, le revenu était d'environ 170 000 francs avant le départ à la retraite. Les propriétaires qui n'ont jusqu'à présent effectué que l'amortissement obligatoire de leur hypothèque auraient besoin d'une rente de 116 000 francs en raison de l'augmentation du montant calculé pour les charges, ce qui correspond à 89% du dernier revenu. Or, avec un taux de remplacement visé d'au moins 60% issu de l'AVS et de la caisse de pension, la rente atteint environ 102 000.
«Cela signifie que la capacité financière n'est souvent plus garantie en raison de l'augmentation des charges», pointent les experts, critiquant au passage une «réglementation rigide» et d'autant plus problématique que plus des trois quarts des 61-65 ans désirent rester vivre dans leur logement. (jzs/ats)
