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Les méthodes «très problématiques» d'un centre de test Covid bernois

Image: watson
Personnel pas formé, manque de transparence, données sensibles transmises sur des groupes WhatsApp: tous les centres de dépistage, qui poussent partout en Suisse, ne sont pas forcément sérieux. Les autorités s'inquiètent.
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15.10.2021, 07:4015.10.2021, 14:43
Adrian Müller
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Depuis l'extension du certificat Covid, on assiste à une ruée vers les centres de dépistage. Partout en Suisse, des tentes proposant des tests à des prix défiant toute concurrence poussent comme des champignons.

Ces centres ont souvent l'air tout sauf sérieux. Des informations importantes pour les clients sont parfois écrites à la main sur un bout de papier. Le personnel dans la rue semble non formé. Ce n'est pas étonnant, car les employés n'ont généralement aucune formation médicale et travaillent sur appel.

Toute personne qui passe un test doit divulguer des données très sensibles, notamment sa carte d'identité, sa carte d'assurance maladie et son numéro de téléphone portable. Ce que beaucoup de gens ne savent pas, c'est que ces informations circulent dans des groupes WhatsApp avec des dizaines de membres.

Données sur des groupes WhatsApp

C'est du moins le cas dans le centre bernois des pharmacies Dr. Stoffel, comme le montre la capture d'écran suivante incluant le logo de l'entreprise. Avec des sous-traitants, les pharmacies Stoffel exploitent de nombreux centres dans différents cantons et proposent des tests pour 35 francs.

Des formulaires contenant des données très sensibles se retrouvent dans les chats de groupe des centres de test des pharmacies Stoffel.
Des formulaires contenant des données très sensibles se retrouvent dans les chats de groupe des centres de test des pharmacies Stoffel.

Les processus sont faits à la main, comme le montre également une inspection sur place. Les employés dans les tentes photographient les formulaires remplis (avec pièce d'identité, assurance maladie, numéro de téléphone portable) avec leurs téléphones portables privés. La photo est ensuite transmise à un groupe WhatsApp. Une équipe située dans une autre tente utilise ensuite des ordinateurs portables pour délivrer les certificats.

«Il y a 20 à 30 membres dans chaque groupe. Théoriquement, ils peuvent faire ce qu'ils veulent avec les données. Par exemple, dénoncer les personnes non vaccinées ou vendre les données à une compagnie d'assurance», explique à watson un ancien employé qui travaillait pour l'entreprise il y a quelques jours encore et qui souhaite rester anonyme.

De plus, les centaines de photos restent stockées sur les téléphones portables des testeurs. Et se retrouvent donc également dans les services cloud des géants de l'internet.

Situation «problématique»

Contacté par watson, le directeur des pharmacies Stoffel, Philippe Stoffel, affirme: «Je n'ai pas connaissance de cette procédure à l'heure actuelle». Il a déclaré que cette allégation serait vérifiée auprès des responsables du lieu et que, si nécessaire, des mesures appropriées pour «rectifier les éventuelles erreurs de procédure» seraient prises immédiatement.

Le Préposé fédéral à la protection des données (PFPDT) est inquiet. Son responsable de la communication, Hugo Wyler, déclare à watson:

«L'utilisation de WhatsApp est très problématique, tout comme le fait qu'un nombre indéfini de personnes aient accès à des données personnelles particulièrement sensibles via un chat»

Par conséquent, il n'y a aucun contrôle sur ce qui arrive aux données. Il y a également un manque de transparence: les clients devraient être informés que leurs données sont traitées via WhatsApp et ils devaient accepter qu'elles soient transmises. Selon l'employé du centre bernois, ce n'est pas le cas.

Les entreprises seraient également tenues de déclarer ces collectes de données au PFPDT, à moins qu'elles ne disposent d'un délégué à la protection des données indépendant, poursuit Hugo Wyler. Selon Datareg, cela ne s'applique pas à la pharmacie en question.

Ce n'est pas la première fois que les pharmacies Stoffel font la une des journaux en raison de leur régime de tests. Plusieurs employés de l'entreprise partenaire Youngcom ont déclaré à 20 Minuten qu'à plusieurs reprises, des personnes qui n'avaient pas été correctement formées avaient effectué les tests.

Absence de directives

Face à la prolifération des centres de dépistage, le canton de Berne introduit de nouvelles exigences et une obligation de déclaration à partir du 18 octobre. Jusqu'à présent, aucun centre de test n'a été fermé en raison de l'absence de directives et de normes écrites, indique une porte-parole du département bernois de la santé.

Mais les choses devraient bientôt changer. Le canton espère que les prestataires douteux cesseront d'eux-mêmes d'opérer en raison de ces nouvelles règles. (traduit et adapté par as)

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