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Comment la guerre au Moyen-Orient plombe les hôtels suisses

Comment la guerre au Moyen-Orient plombe les hôtels suisses

Depuis le début du conflit au Moyen-Orient, les réservations en provenance des pays du Golfe et d’une partie de l’Asie ont nettement reculé en Suisse.
L’hôtellerie suisse redoute un été marqué par l’absence de certains visiteurs.image: watson
Malgré une saison hivernale record, l’hôtellerie suisse aborde l’été avec prudence. Depuis le début du conflit au Moyen-Orient, les réservations en provenance des pays du Golfe et d’une partie de l’Asie ont nettement reculé, faisant craindre un ralentissement durable de la fréquentation étrangère.
08.06.2026, 21:1608.06.2026, 21:16

Au sortir des vacances de février, le conflit au Moyen-Orient est venu jeter une ombre sur la fin de la saison hivernale dans l'hôtellerie helvétique. Et sur les perspectives pour la suite. L'éclatement des hostilités a coïncidé avec un recul subit de la demande étrangère (-4,8% en mars et -5,7% en avril), notamment en provenance d'Asie et des pays du Golf, qui a pesé sur la fin de la saison, relève l'Office fédéral (OFS) de la statistique dans son point de situation saisonnier lundi.

Le net rebond de la demande autochtone en avril n'a pas suffi à compenser complètement une désaffection qui, de l'avis de Suisse Tourisme, risque de perdurer cet été. Les comptoirs de la faîtière à Dubaï ou à Ryad parient certes sur une nette reprise des réservations en provenance d'Arabie saoudite ou des Emirats, mais la fréquentation en provenance des marchés du Golfe risque de rester encore 30% inférieur à son niveau d'il y a un an.

Si la fréquentation chinoise s'annonce stable, la demande des autres pays asiatiques et de l'Inde laisse augurer un déclin de 18% pour l'ensemble de la région.

«Le retard des réservations en provenance de l'Asie et des Etats du Golfe dans leur ensemble ne pourra plus être entièrement compensé en 2026»
Simon Bosshart, directeur des marchés Est et membre de la direction de Suisse Tourisme

«Cependant, nous attendons une demande estivale concentrée à partir de juillet sur certains marchés comme la Chine ou l'Arabie saoudite», assure dans un point de situation Simon Bosshart, directeur des marchés Est et membre de la direction de Suisse Tourisme.

Les hôteliers ne pourront toutefois guère compter sur le reste du monde pour redresser la barre. Une modeste hausse de fréquentation est certes attendues en provenance des marchés germanophones, mais la demande britannique s'achemine vers une contraction et celle des pays nordique vers une normalisation, après un été 2025 dopé au football féminin. La contribution du Vieux continent et attendue en recul de 3%.

Une vue sur les volets fermes de l'Hotel Beau-Rivage Palace lors de la pandemie de Coronavirus (Covid-19) le dimanche 19 avril 2020 a Lausanne. (KEYSTONE/Jean-Christophe Bott)
Les hôtels suisses pâtissent du conflit au Moyen-Orient (image d'archives).Image: KEYSTONE

Nonobstant une solide demande étasunienne, le nombre de visiteurs américains est attendu en baisse de 2%.

Le coup d'arrêt en mars, n'a pas empêché la saison hivernale – de novembre à fin avril – de se clore sur des chiffres inédits, avec un nombre de nuitées en hausse de 1,1% sur un an pour un total de 18,7 millions. Le phénomène n'a été alimenté qu'à la marge par la demande étrangère (+0,5% à 9,3 millions), quand les réservations des hôtes indigènes ont progressé de 1,6% à 9,5 millions. Les mois de décembre (+6,8%), janvier (+2,6%) et février (+2,9%) se sont avérés particulièrement fructueux. (mbr/ats)

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