Airbnb provoque la colère des habitants de ce site touristique majeur
Du rafting, des vols en parapente, des balades en calèche dans les ruelles de la ville, des randonnées... l'été, avec ses mille activités, Interlaken (BE) se transforme en paradis des touristes. Mais pour les habitants de cette petite ville située au bord du lac de Brienz, la situation n'a rien d'idyllique. Ces derniers ont de plus en plus de mal à trouver un logement abordable, et Airbnb et les résidences secondaires y sont pour beaucoup.
Interlaken comptait pourtant parmi les premières communes suisses à avoir pris en 2018 des mesures contre la location temporaire de logements. Plusieurs restrictions sont désormais en vigueur et les annonces Airbnb doivent être enregistrées, un moratoire de deux ans s'applique aux nouvelles résidences secondaires, et les locations de courte durée sont interdites dans les zones résidentielles.
Sur le papier, ces restrictions semblent efficaces. Dans les faits, elles ne suffisent pas. Contacté par watson, le président de la commune, Philippe Ritschard, le reconnaît:
Il y a 14% d'Airbnb
Le principal problème est de détecter les infractions. Cela représente un travail fastidieux que la commune peine à assumer. Ou comme le résume le président de commune Philippe Ritschard:
Actuellement, le service de l'urbanisme traite 30 procédures de police des constructions liées à des usages touristiques.
La part des résidences secondaires dans la comune s'élève actuellement à 15,3%. Philippe Ritschard ne peut en revanche pas communiquer la proportion de logements proposés à la location sur Airbnb, «car nous ne sommes pas en mesure de déterminer ce chiffre avec exactitude». Selon les estimations, 14% de l'ensemble des logements d'Interlaken seraient désormais proposés sur Airbnb.
En mars 2025, la section locale du Parti socialiste d'Interlaken avait déposé une initiative populaire intitulée «Protéger le logement, réguler Airbnb». Celle-ci prévoit qu'une appartement ne puisse être loué de façon temporaire que pendant 90 nuits maximum par an.
Deux mois avant l'expiration du délai de récolte, l'initiative avait déjà réuni deux fois plus de signatures que nécessaire. Cela montre bien que de nombreux habitants d'Interlaken en ont assez des problèmes de logements causés par les plateformes.
Les loueurs ne veut pas se laisser faire
Au printemps 2025, avant même que le conseil communal ne se penche dessus, 39 personnes avaient déjà déposé un recours contre le texte. Comme l'expliquait à l'époque Philippe Ritschard à la SRF, ces recours émanaient aussi bien de personnes extérieures possédant un logement à Interlaken que d'habitants de la commune.
En septembre 2025, le préfet avait rejeté ces recours. Mais les propriétaires de résidences secondaires avaient à nouveau fait recours contre cette décision, cette fois devant le Tribunal administratif, comme le confirme à watson Philippe Ritschard.
On ignore donc pour l'instant quand la population d'Interlaken pourra se prononcer sur un renforcement des restrictions concernant les locations touristiques dans la commune.
Traduit de l'allemand et adapté par Joel Espi
