«Tout n'est pas lié à l'immigration»: les enseignants taclent l'UDC
L'UDC a plein d'idées pour résoudre ce que la parti décrit comme une crise de l'école obligatoire en Suisse. Le week-end dernier, l'UDC a présenté son nouveau programme éducatif. Celui-ci préconise notamment plus de dictées, davantage de calcul mental et l'apprentissage par cœur de poèmes, afin d'enrayer la baisse des performances dans les écoles suisses.
L'Association faîtière des enseignantes et enseignants suisses prend désormais position et ne ménage pas ses critiques. Mercredi, elle a déclaré que de nombreuses mesures proposées s'inspiraient «de conceptions pédagogiques dépassées»:
L'UDC veut plafonner la proportion d'enfants allophones
Le syndicat des enseignants, dirigé par Dagmar Rösler, reconnaît tout de même certains aspects positifs dans le programme éducatif de l'UDC. Elle se réjouit que le plus grand parti suisse accorde une attention politique à l'école obligatoire et partage l'analyse selon laquelle la situation, marquée par la pénurie d'enseignants et la lourde charge quotidienne, est exigeante. En revanche, elle se montre «critique» sur la manière dont le document aborde la question de la migration. Dans leur communiqué, les enseignants rappellent:
Aux yeux de l'Association faîtière des enseignantes et enseignants suisses, les «conclusions non étayées» de l'UDC vont trop loin et compliquent un débat objectif.
Le parti réclame un plafonnement de la proportion d'enfants non francophones par classe, estimant que le niveau d'enseignement baisse au-delà d'un seuil de 30% d'enfants allophones. Le parti souhaite également obliger les parents étrangers à inscrire leurs enfants, à leurs frais, à un programme précoce de soutien linguistique avant le premier jour d'école. Ce dispositif varie actuellement selon les cantons.
Le syndicat des enseignants se dit favorable à l'obligation d'un soutien linguistique précoce, mais estime que la question du financement relève de la responsabilité politique.
Le parti doit donc maintenant être tenu responsable et défendre politiquement les moyens nécessaires à l'école obligatoire.
Traduit et adapté par Noëline Flippe
