L'UDC déforme le drapeau vaudois et se fait railler
Qu’un parti politique recoure à des représentations artistiques en période de campagne électorale n’a rien de nouveau. Que l’intelligence artificielle générative soit mise à contribution est peut-être plus récent, mais cela ne surprend plus aujourd’hui. Peu coûteuse et polyvalente, elle peut faire beaucoup, à condition de savoir s’en servir.
Et manifestement, l'UDC vaudoise a encore quelques leçons à tirer en la matière. Dans une publication sur le compte Instagram officiel de la section cantonale, le parti a diffusé l’image d’un père et de son fils contemplant le Léman, sous un drapeau vaudois baigné de rayons de soleil poétiques. En légende figurait cette déclaration:
Jusque-là, rien d’anormal. Problème: le drapeau comporte plusieurs erreurs.
Pour quiconque a déjà vu le drapeau du canton de Vaud, les couleurs inversées sautent immédiatement aux yeux: le vert se trouve en bas et le blanc en haut. En outre, la devise officielle est «Liberté et Patrie»; la conjonction semble ici s’être évaporée.
Mais la devise reste incorrecte à un autre égard: elle devrait figurer uniquement sur la moitié supérieure (blanche) du drapeau, et non sur les deux parties. Enfin, le format même de l’étendard est erroné: comme tous les drapeaux cantonaux suisses, il respecte un rapport de proportions de 1:1.
L'image IA de l'UDC moquée sur les réseaux sociaux
Le compte Instagram Balance ton IA, qui dénonce l’usage intempestif de l’intelligence artificielle en Romandie auprès de ses 7000 abonnés, s’est fendu d’un petit post pour «l'image générée par ces champions».
En story, il rebondit sur l'accroche du post: «défenseurs des valeurs suisses, ça sait même pas reconnaître un drapeau.»
Mais c'est surtout l'usage de l'IA elle-même qui est critiqué, notamment pour son impact sur l'emploi.
Et les commentaires ne sont pas tendres. L'un a remarqué un autre point curieux:
Tandis qu'un second rebondit sur le patrimoine du Lavaux:
Et un autre détourne l'acronyme:
On ignore si Jean-François Thuillard, député au Grand Conseil vaudois et destinataire de cette action de campagne, était au courant de cette mésaventure vexillologique. La publication a depuis été supprimée.
(cpf/hun)
