Voici le taux d'étrangers dans les communes ayant plébiscité l'UDC
Malgré les débats enflammés qu'elle a suscités, les sondages la donnant gagnante et une campagne très intense, l'initiative «Pas de Suisse à 10 millions!» n'a pas réussi à séduire la majorité de la population helvétique. Au final, près de 55% des électeurs ont déposé un «non» dans l'urne ce dimanche.
Les résultats des communes montrent un tableau extrêmement contrasté. Dans certaines localités, le «oui» a récolté jusqu'à 90% des voix, tandis que dans d'autres, environ huit personnes sur dix ont rejeté le texte de l'UDC. Comme le relevait le président du parti auprès de watson, les campagnes ont voté massivement en faveur du texte, à l'inverse des villes.
Au-delà de ce clivage ville-campagne, une autre question se pose: les communes dont le vote a été le plus «extrême» comptent-elles beaucoup de personnes étrangères? Car le coeur de l'initiative se situait précisément là. Dans son argumentaire, l'UDC imputait à l'immigration une large palette de problèmes, allant de la pénurie de logements à la saturation des transports publics, tout en dénonçant «l'érosion de la culture et de l'identité suisses» et «l'islamisation rampante» dont notre pays ferait l'objet.
Les chiffres sont très clairs. Dans les 15 communes ayant le plus massivement soutenu l'initiative, toutes germanophones, la part de population de nationalité étrangère est nettement inférieure à la moyenne nationale. Celle-ci s'élevait à 27,4% en 2024 (derniers chiffres disponibles), tandis que les localités précitées affichent des valeurs souvent inférieures à 10%.
A Teuffenthal (BE), où le «oui» a récolté plus de 83% des voix, la part d'habitants de nationalité étrangère n'atteint que 0,6% - soit une personne sur 154. Unterschächen et Spiringen, toutes deux situées dans le canton d'Uri, affichent également des valeurs très faibles. Dans certains cas, ce pourcentage est plus élevé, sans toutefois jamais se rapprocher de la moyenne nationale.
Pas que de villes dans le camp du «non»
Lorsque l'on s'intéresse aux communes ayant le plus massivement rejeté le texte, on tombe sur le scénario inverse - bien que la situation soit relativement plus nuancée. En effet, plusieurs localités comptent un pourcentage de population étrangère plus faible que la moyenne nationale; c'est le cas de Lully (VD), de Laconnex (GE) ou encore de Fiez (VD).
Dans d'autres cas, en revanche, les valeurs sont nettement plus élevées. A Vevey, Bâle et Lausanne, la part d'habitants de nationalité étrangère avoisine ou dépasse 40%. On retrouve dans le classement des 15 communes les plus fermement opposées à l'initiative beaucoup de chef-lieux cantonaux, tels que Fribourg, Neuchâtel, Zurich et Berne.
Il est finalement intéressant de remarquer qu'il n'y a pas que des villes dans cette liste. Plusieurs villages, notamment vaudois, ont massivement rejeté le texte de l'UDC. Parmi les 15 communes ayant le plus soutenu l'initiative, en revanche, aucune ne dépasse les 4000 habitants.
