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Initiative UDC: le vrai poids de l'asile dans l'immigration

Voici le poids de l'asile dans l'immigration en Suisse
Les demandeurs d'asile ne représentent qu'une petite partie des immigrés arrivant en Suisse chaque année.Image: Keystone

Voici le vrai poids de l'asile dans l'immigration en Suisse

L'initiative «Pas de Suisse à 10 millions!» prévoit de viser en premier lieu le domaine de l'asile pour limiter l'immigration. L'UDC insiste beaucoup sur cet aspect, mais les chiffres montrent autre chose.
19.05.2026, 05:2819.05.2026, 07:27

Le 14 juin prochain, le peuple suisse décidera s'il veut interdire à la population résidente permanente de dépasser les dix millions d'habitants d'ici 2050. Tel est l'objectif de l'initiative «Pas de Suisse à 10 millions!», lancée par l'UDC en 2024. Pour y parvenir, le parti demande de limiter fortement l'immigration. Ainsi, seules 40 000 personnes pourront arriver dans notre pays chaque année, alors que, ces derniers temps, le nombre d'immigrés oscillait entre 140 et 240 000 par an.

Dans son argumentaire, l'UDC accuse l'immigration d'être à l'origine de «presque tous les problèmes dont souffre la Suisse». Ces «conséquences négatives» comprendraient la pénurie de logements, la hausse des loyers, la bétonnisation du paysage, la saturation des transports ou encore l'augmentation de la criminalité.

L'initiative exige que le Conseil fédéral prenne des «mesures correctives» à partir du moment où la population dépasse les 9,5 millions d'habitants. Le gouvernement devrait alors agir en priorité sur le domaine de l'asile, écrit l'UDC. Le conseiller national Thomas Matter l'affirmait sans détours aux micros de la RSI, il y a quelques semaines: «Le secteur de l'asile est hors de contrôle». Pour lui, «il suffirait de régler ce chaos» pour atteindre l'objectif de l'initiative.

La plupart des immigrés sont européens

Ce sujet revient constamment dans l'argumentaire du parti. On parle «d'érosion de la culture et de l'identité suisses» et «d'islamisation rampante». On affirme que, dans de nombreuses classes, «on ne chante plus de chants de Noël» et que «les enfants suisses ou ceux qui parlent l'une des langues nationales deviennent minoritaires». «Les prisons, les cantines publiques et les écoles ne servent plus de porc», peut-on encore lire.

Pourtant, dans les faits, les demandeurs d'asile ne constituent qu'une petite minorité des immigrés intégrant chaque année la population résidante permanente - soit celle que l'UDC veut limiter, composée par toute personne présente en Suisse depuis plus de 12 mois.

Selon les derniers chiffres de l'Office fédéral de la statistique (OFS), quelque 200 000 personnes sont arrivées en Suisse en 2024. Environ 150 000 d'entre elles, soit 80% du total, étaient de nationalité européenne. Cette proportion est restée stable au fil du temps et a même légèrement augmenté par rapport au début des années 2000. A noter que ces chiffres comprennent également les demandeurs d'asile, pour autant qu'ils soient en Suisse depuis plus de 12 mois.

L'Allemagne, la France et l'Italie étaient les pays les plus représentés en 2024, avec environ 20 000 arrivées chacun. A cela s'ajoute un nombre équivalent d'Helvètes ayant immigré en Suisse. Le Portugal, l'Ukraine, l'Espagne et la Roumanie se trouvent également dans le haut du classement. Le premier pays extra-européen de la liste, à savoir la Turquie, arrive à la 10e place, avec un peu moins de 6000 ressortissants.

Les immigrés de nationalité africaine représentaient 4,4% du total, ceux provenant d'Asie, 10,7%. La déclaration de l'UDC, selon laquelle «beaucoup» des personnes arrivant en Suisse chaque année «sont issues de cultures étrangères et islamiques» est donc factuellement fausse.

Qu'en est-il de l'asile?

Comme indiqué plus haut, les demandeurs d'asile ne représentent qu'une petite partie de l'immigration. En 2024, un peu plus de 20 000 requérants sont arrivés en Suisse, selon les données du Secrétariat d'Etat aux migrations (SEM). Au total, 27 740 demandes d’asile ont été déposées et près de 35 000 ont été traitées. La plupart d'entre elles, soit environ 25 000, ont été rejetées. Ce qui signifie que le taux d'octroi de l'asile s'est élevé à 34%.

Il est également intéressant de remarquer que tant les demandes que les personnes dans le processus d'asile sont nettement moins nombreuses par rapport à la fin des années 1990 et à 2015, année marquée par la soi-disant «crise migratoire européenne».

Le vrai moteur de la croissance démographique

Si le nombre de requérants pour 1000 habitants demeure au-dessus de la moyenne européenne, une chose est sûre: ce ne sont pas les demandeurs d'asile qui font grimper les effectifs de la population helvétique, mais bien l'immigration en provenance d'Europe, et de nos pays voisins en particulier.

A titre de comparaison, les citoyens allemands, français et italiens immigrés en Suisse en 2024 étaient trois fois plus nombreux que les requérants arrivés dans notre pays au cours de la même année.

Cela se reflète également dans les chiffres de la population. Près de 80% des étrangers établis en Suisse en 2024 étaient des ressortissants européens. Les citoyens de quatre pays – Italie, Allemagne, France et Portugal – représentaient à eux seuls 44% de la population étrangère totale.

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