Les réformés se distancient d'un ex prof UNIL soupçonné d'abus sexuels
La Conférence des Eglises réformées romandes (CER) demande à ses membres de prendre leurs distances avec Daniel Marguerat. Le théologien est soupçonné d'abus sexuels lorsqu'il était professeur à l'Université de Lausanne dans les années 1990, des accusations qu'il réfute.
A l'issue de leur assemblée générale, lundi à Puidoux (VD), les Eglises membres de la CER «demandent à leurs paroisses, services et institutions de ne solliciter ou poursuivre aucune collaboration publique ou institutionnelle avec M. Daniel Marguerat», écrivent-elles dans un communiqué.
Parallèlement, elles demandent au professeur retraité «de renoncer, dans le cadre des activités des Eglises membres de la CER, à toute collaboration liée à son statut pastoral ou professoral.»
Ces mesures sont de nature «conservatoire», poursuit le communiqué. Elles seront réévaluées dans un délai d'un an, ou plus tôt si «de nouveaux éléments substantiels devaient intervenir.»
Avec ces mesures, les Eglises de la CER disent vouloir «protéger les personnes, les communautés et la confiance dans les ministères, tout en respectant les droits de chacune et chacun.»
Enquêtes
Les soupçons concernant Daniel Marguerat ont fait l'objet de plusieurs articles, notamment dans le Temps et plus récemment dans le magazine chrétien français «Le Cri».
A la suite de ces révélations, le Conseil synodal de l'Eglise réformée vaudoise (EERV) a saisi le Ministère public vaudois et une enquête a été ouverte, a révélé en fin de semaine dernière la RTS.
Présumé innocent, Daniel Marguerat, 82 ans, a plusieurs fois répété dans ces médias qu'il contestait ces accusations.
Appel à témoigner
De leur côté, plusieurs Eglises membres de la CER expliquent n'avoir pas eu accès au dossier complet et, par conséquent, ne peuvent «se prononcer sur le fond des faits rapportés.»
Dans leur communiqué de lundi, elles affirment toutefois que «toute mise en cause touchant à l'intégrité des personnes, à la confiance dans le ministère pastoral ou à la responsabilité institutionnelle des Eglises doit être prise avec le plus grand sérieux.»
Les Eglises membres rappellent finalement qu'elles disposent déjà «de dispositifs de prévention, de formation, de signalement et d'accompagnement.» Elles encouragent ainsi les personnes touchées ou témoins de comportements inadéquats à s'adresser à leur Eglise cantonale. (sda/ats)
