«On nous prend pour des pigeons!» Ces festivaliers sont furieux
Les 8605 festivaliers qui croyaient encore au remboursement de leurs billets pour le Vibiscum Festival ont vu leurs espoirs douchés par les organisateurs. Ce mercredi 29 mai, alors que la troisième édition aurait dû démarrer le lendemain avec la soirée hip-hop, le festival a communiqué via les réseaux sociaux et dans la presse.
Non, il n'y aura pas de remboursements, mais les billets pour le festival veveysan peuvent être échangés contre des tickets pour deux autres festivals romands.
Les festivaliers que watson a pu interroger sont scandalisés par ces compensations, mais pas uniquement.
Trop loin, trop différents
Outre le fait que ces fêtards déçus auraient préféré récupérer leur argent, ce sont notamment les dates et les lieux qui coincent. Car ceux qui avaient pris leurs billets pour la soirée hip-hop se voient ainsi proposer la date du 31 août à l’Openair FLUO à Neuchâtel, tandis que ceux qui avaient prévu de se rendre les 31 mai, 1er ou 2 juin à Vevey peuvent se consoler avec le Stars of Sounds, entre les 4 et 6 juillet. C'est ce que souligne cette festivalière française qui n'est pas disponible à ces dates.
Et d'ajouter qu'elle n'est de toute façon pas intéressée par le line-up de l'autre festival. Selon elle, l'affiche à Morat n'a pas grand-chose à voir avec celle de Vevey. «On nous propose des artistes comme Hardwell et Lost Frequencies, et je vous laisse regarder la programmation de l’autre festival…»
C'est aussi ce que déplore cette Genevoise: «Je suis assez fan d’electro, et il n’y a que Paul Kalkbrenner qui corresponde, à Morat». Elle sera de toute façon en vacances à l'étranger à ce moment-là. Tout comme ce festivalier, qui espère au moins pouvoir faire jouer l'assurance annulation avec Ticketcorner.
Même son de cloche chez cette festivalière, très surprise du traitement réservé aux détenteurs de billets, «d'autant plus que Nestlé est partenaire de l'événement». Elle se réjouissait de passer une soirée sans enfants, «si rare!», au bord du lac à Vevey.
Elle dit aussi réfléchir à contacter sa protection juridique. Elle n'est pas la seule: les festivaliers sont nombreux à vouloir intenter une action en justice.
Sur Facebook, le groupe «Lésé de Vibiscumfestival» avait d'ailleurs été créé le 16 mai, après l'annonce de l'annulation du Vibiscum. Dans les groupes veveysans «Bonjour la Municipalité» et «Tu es de Vevey si...» également, les publications pour réclamer un remboursement et se réunir pour intenter une action collective pleuvent.
Et il n'y a pas que le remboursement des billets qui irritent: certains festivaliers venaient de loin. De France voisine, mais aussi de la région parisienne, et même du Danemark, engendrant notamment des frais de transport conséquents.
C'est le cas de la Vaudoise Loubna Al Sabbagh, en formation et au profil d'un revenu modeste, qui avait invité une amie:
Des cas particuliers qui seront potentiellement pris en considération par le festival? Contactés, les organisateurs ne ferment pas totalement la porte:
Une communication qui ne passe pas
Ce n'est pas uniquement les compensations qui font hurler les festivaliers, mais aussi la façon de communiquer.
Certains soulignent un «manque total de considération de la part du festival». D'autres ont tenté de prendre le taureau par les cornes. En vain:
Cette festivalière, elle, s'insurge de constater que le staff est envoyé au casse-pipe pour annoncer, en vidéo, le non-remboursement des billets et les arrangements trouvés:
Et de souligner que la section commentaires a été fermée pour certaines publications, tant sur Facebook que sur Instagram. «Ils veulent nous faire taire ou quoi? C'est encore pire comme façon de faire, de A à Z, rien ne va!», s'énerve un internaute.
Une communication qui coince, aussi en interne? Contacté, l'un des programmateurs assure ne pas avoir été mis au courant des annonces du jour.
Par ailleurs, une rumeur circule sur les réseaux sociaux: une soirée serait organisée pour les bénévoles.
Dans les commentaires, le Vibiscum a exclu la tenue d'une telle soirée. C'est ce que les organisateurs nous ont confirmé:
Le patron du Vibiscum gère la fan zone de l'Euro
De nombreux festivaliers dégoûtés espèrent au moins que tout sera fait à l'avenir pour que la situation ne se reproduise pas.
Rien n'est moins sûr. Le patron du Vibiscum, William von Stockalper, est aussi le boss du Vevey-Sports. Et c'est lui qui doit mettre en place une fan zone pour l'Euro de football, du 14 juin au 14 juillet prochain. Un grand écran, mais aussi une silent party sont au programme. De quoi soulever des questions auprès des festivaliers.
D'autres festivaliers regrettent qu'une compensation dans la région veveysanne n'ait pas été proposée. «Ils auraient au moins pu nous donner des bons pour des boissons et de la nourriture dans cette fan zone plutôt que de nous envoyer dans des concerts à plus d'une heure de Vevey!», conclut ce Romand.
