Dabeull a fait suer le Montreux Jazz
L'ambiance était déjà électrique dans la salle du LAB, bien avant le début des hostilités. Arrivés tôt pour assister au concert ensoleillé du chanteur de jazz et de soul Pale Jay, les spectateurs ont vu la scénographie se métamorphoser dès 21h15.
Un immense «DABEULL» en ampoules s'est alors dressé, déclenchant les bousculades d'une foule impatiente, pourtant installée trente minutes avant le coup d'envoi. C'est que le Français et ses musiciens étaient particulièrement attendus ce soir-là.
A 21 h 42, les lumières s'éteignent enfin. Vêtu d'un costume gris souris, Dabeull fait son entrée, accompagné d'un groupe si impressionnant qu'il occupe presque la totalité de l'espace scénique. Immédiatement, le ton est donné: la soirée sera résolument dansante.
Face à la ferveur qui s'empare de la salle, l'artiste se laisse surprendre et glisse au public:
Avant de relancer la machine de plus belle. Après trois morceaux, Holybrune, la chanteuse iconique qui pose régulièrement sa voix sur ses productions, fait une entrée très remarquée.
Le concert est aussi fait de confidences et de complicité. C'est avec une pointe d'émotion que le leader introduit ses musiciens:
Le pari est pourtant réussi tant les artistes se révèlent talentueux, affichant une cohésion et une union rares.
Au centre de cette alchimie, Dabeull est sur tous les fronts. S'il occupe le devant de la scène avec charisme, il sait s'effacer quand il le faut pour laisser briller son groupe. «On m’a dit qu’on allait jouer dans un festival de jazz, j’ai flippé», avoue-t-il, alors qu'il a pourtant foulé la scène de Coachella ce printemps.
Le point d'orgue de la performance arrive avec le célèbre titre You And I, certifié disque d'or. Le morceau remporte définitivement l'adhésion de toute la salle, balayant la timidité des derniers sceptiques. Le refrain est repris à tue-tête par les spectateurs, en communion avec Holybrune, vêtue pour l'occasion d'une sublime robe à paillettes.
De vibrants hommages
Après une heure de show intense, alors que la foule en redemande, Dabeull s'accorde une parenthèse improvisée. Grand admirateur des années 80, il livre un hommage vibrant à cette décennie et à Michael Jackson. Le concert s'avère d'ailleurs truffé de clins d'œil musicaux, allant du groupe de funk Zapp à une reprise dream pop surprenante du tube Maniac de Michael Sembello.
C'est sur cette note festive que le spectacle s'achève aux alentours de 23 heures. Bien que le public, encore survolté, ait espéré un rappel, les musiciens ont quitté la scène totalement vidés de leur énergie. Ils laissent derrière eux un concert marquant, qui s'inscrira sans aucun doute parmi les grands moments de cette édition du Montreux Jazz.
