Suisse
Vaud

Ministère public vaudois: près de 23 000 nouveaux dossiers en 2025

La justice vaudoise est face à «un faux plat trompeur»

Les procureurs vaudois alertent sur une hausse continue des affaires en cours malgré des effectifs et des mesures de sécurité renforcés.
18.05.2026, 14:1118.05.2026, 14:11

Les dossiers continuent d'affluer au Ministère public vaudois. A l'instar des autres acteurs de la chaîne pénale, le Parquet tire la sonnette d'alarme et cherche des pistes pour soulager le système, à l'instar de la médiation pénale.

Douze jours après l'Ordre judiciaire vaudois, c'est le Ministère public qui tenait lundi sa conférence de presse annuelle, avec le même constat d'un système sous pression. L'an dernier, le nombre de nouvelles affaires s'est élevé à un niveau record de 22'830 dossiers, en hausse de 0,4% par rapport à 2024.

Cette augmentation peut paraître modérée, mais le procureur général Eric Kaltenrieder a évoqué «un faux plat trompeur». Et pour cause, le stock des dossiers en cours n'en finit plus de progresser (+10,5%) et s'affichait, au 31 décembre 2024, à 12 152. Le Ministère public n'est plus en mesure de clore autant d'enquêtes qu'il n'en ouvre, a résumé le procureur général.

Malgré des effectifs en hausse, «les moyens demeurent insuffisants» pour gérer des affaires de plus en plus nombreuses et complexes, a-t-il relevé, rappelant qu'il ne s'agissait pas que d'une problématique vaudoise mais nationale.

Des solutions pour améliorer la situation

Pour améliorer la situation, «tout ne passera pas par les effectifs», a-t-il reconnu. Le Parquet étudie ainsi plusieurs pistes, à l'image de la médiation pénale. Déjà pratiquée à Genève, Neuchâtel ou Fribourg, et en matière civile dans le canton de Vaud, elle vise à régler des conflits hors procédure pénale.

Anton Ruesch, Procureur general adjoint parle lors d'une conference de presse sur le Rapport 2025 sur l'activite du Ministere public vaudois ce lundi 18 mai 2026 a Renens. (KEYSTONE/Cyril Zi ...
Le procureur général adjoint Anton Rüsch.Keystone

L'idée consiste à «désengorger» le système, sachant que la tendance actuelle est souvent «de porter le moindre conflit devant les autorités pénales», a expliqué le procureur général adjoint Anton Rüsch. La mise en oeuvre est attendue d'ici fin 2026. «Quelques dizaines d'affaires», notamment lors de «conflits très ancrés», pourraient ainsi être «externalisées» et traitées par une équipe de médiateurs, a-t-il précisé.

Parmi les autres projets en cours, celui des Pôles de compétences pour les violences domestiques ainsi que pour la criminalité économique et informatique arrive au terme d'une phase pilote. Ces Pôles ont démontré leur utilité en matière de formation, coordination ou soutien: l'idée consiste à les pérenniser, a annoncé l'autre procureur général adjoint, Laurent Maye.

Problèmes de sécurité dans les tribunaux?

Il a également été décidé de pérenniser de nouvelles mesures de sécurité sur les cinq sites du Ministère public, là aussi après une période de test. Un agent est désormais présent sur chaque site et procède à des fouilles.

Il y avait une certaine urgence à agir, a souligné Anton Rüsch, évoquant notamment des agressions verbales ou des personnes «agitées» lors d'auditions. Il a précisé que les fouilles des derniers mois avaient permis de trouver «plusieurs dizaines» d'objets potentiellement dangereux, surtout des couteaux et sprays au poivre. (jah/ats)

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