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Un nouveau mouvement violent inquiète en Suisse romande

Nihilisme violent: un nouveau mouvement inquiétant sur sol vaudois (image d'illustration).
Le «nihilisme violent» se caractérise par l'idée que le monde et la vie sont vides de sens et qu'il convient de favoriser leur effondrement en usant de violence gratuite (image d'illustration).Image: Shutterstock

Un nouveau mouvement violent inquiète en Suisse romande

Les autorités vaudoises dressent le bilan de l'Unité de prévention des radicalisations (UPRAD), un après sa création. L'émergence du «nihilisme violent» dans le canton est notamment pointée.
08.07.2026, 10:5508.07.2026, 10:55

L'Unité de prévention des radicalisations (UPRAD), dont la création a été annoncée en juin 2025 par le Canton de Vaud, ne chôme pas. En une année, elle a reçu une quarantaine de signalements, concernant principalement des mineurs. Si la majorité des cas sont liés à l'islam radical, un mouvement émergent inquiète particulièrement les autorités: le «nihilisme violent».

«Malgré l'existence de diverses sous-cultures, ce mouvement se caractérise généralement par l'idée que le monde et la vie sont vides de sens et qu'il convient de favoriser leur effondrement et leur disparition en usant de violence gratuite contre soi-même et autrui», explique à Keystone-ATS le Département de la jeunesse, de l'environnement et de la sécurité (DJES), dans le cadre d'un bilan consacré à l'UPRAD.

Vu le caractère émergent du mouvement, le nombre de situations est pour l'heure très faible, mais les autorités vaudoises anticipent une augmentation. «D'autres régions en Europe et surtout l'Amérique du Nord sont confrontées à une multiplication inquiétante de situations de ce type. Il s'agit donc de s'y préparer», ajoutent les services du conseiller d'Etat Vassilis Venizelos.

Staatsrat Vassilis Venizelos, Praesident Verein Electronic Monitoring (EM) spricht an einer Medienkonferenz zur Roadmap gegen haeusliche und sexuelle Gewalt, am Montag, 27. April 2026, in Bern. (KEYST ...
Vassilis VenizelosKeystone

Dans cette optique, l'UPRAD étudie actuellement la mouvance «afin d'en saisir pleinement les enjeux et les caractéristiques» afin de pouvoir élaborer des réponses adaptées en matière de suivi des personnes radicalisées et de soutien aux professionnels et l'entourage concernés.

Islam radical et extrême droite

La majorité des quelque 40 signalements faits à l'UPRAD depuis juin 2025 reste toutefois liée à l'islam radical, devant les cas en lien avec l'extrême droite, puis avec d'autres extrémismes religieux, relève le DJES. Les cas de radicalisation relevant d'idéologies dites monothématiques, comme le complotisme, le masculinisme, les Incels – mot valise désignant les «célibataires involontaires» associés à la violence anti-femmes -, ou encore le nihilisme violent ferment la marche.

C'est déjà l'islam radical qui avait donné lieu à la mise sur pied en 2018 dans le canton d'un dispositif-pilote de désengagement et de réintégration de jeunes radicalisés. Celui-ci s'inscrivait dans un contexte de menace terroriste croissante en Europe et alors que de nombreux jeunes, notamment Vaudois, étaient partis rejoindre les rangs du groupe Etat islamique. Ce dispositif a donné lieu à 300 suivis sur sol vaudois.

La structure pérenne de l'UPRAD a vu le jour le 1er janvier 2026. Elle fait face à de nouveaux défis.

«Les phénomènes de radicalisation ne tarissent malheureusement pas et concernent en bonne partie des mineurs, tandis que les réseaux sociaux en deviennent un vecteur toujours plus important»
Le DJES

La hausse des situations concernant les moins de 18 ans s'explique notamment par le fait que ces derniers sont de plus en plus exposés via les réseaux sociaux et les jeux en ligne, souligne le DJES. L'UPRAD observe également chez ces mineurs des «formats hybrides de radicalisation», dans lesquels des éléments issus de plusieurs mouvements idéologiques différents peuvent cohabiter, «articulés autour d'une fascination pour la violence».

Un dispositif de désengagement

L'UPRAD compte cinq collaboratrices et collaborateurs. Son objectif consiste à préserver à la fois la sécurité publique et la cohésion sociale. Ses missions principales consistent à effectuer des suivis individuels des situations de radicalisation et à mettre en place des mesures de prévention et de sensibilisation à la problématique. La structure développe aussi une veille des nouvelles menaces et met des ressources à disposition du public et des professionnels.

A noter que l'UPRAD n'est ni un organe de police, ni un service de renseignements, ni une autorité judiciaire. Elle se veut un complément en tant que dispositif de désengagement et comme aide à la réintégration avant ou après une procédure judiciaire. (jzs/ats)

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