Le PLR accusé d'avoir piégé des garagistes vaudois
L'élection au Conseil communal de Prilly (VD) a pris une invraisemblable tournure le 8 mars dernier. Selon la RTS, au moins cinq personnes se sont retrouvées sur la liste du PLR pour le scrutin alors qu'elles n'avaient nullement l'intention de se porter candidates. Comble de l'histoire, l'une d'elles a même été élue.
Gérante d'un garage automobile, Claudia Castro a raconté au média public sa curieuse mésaventure, dont l'origine remonte à janvier dernier. La Prillérane indique avoir vu une femme se présenter un soir sur son lieu de travail, où elle se trouvait avec son mari.
L'inconnue aurait alors expliqué être en quête de paraphes pour une pétition aspirant à sauvegarder des places de parc dans le quartier. Sensible à la cause, le couple a accepté de renseigner ses informations complètes. Leur fils ainsi que des employés, également présents sur place, ont fait de même.
Mais deux mois plus tard, une amie de Claudia Castro lui a tendu un prospectus: il s'agissait de la liste électorale du PLR pour le Conseil communal. Sur celle-ci, la Vaudoise a découvert avec stupeur son visage ainsi que celui de son mari.
Des photos retouchées avec l'IA
Le 8 mars dernier, Claudia Castro a donc été élue, malgré elle, avec près de 700 voix. Une élection surprise qu'elle peine à digérer: «Ça m’a révoltée. Je n’y connais rien à la politique. Je n’ai ni le temps ni l’envie de m’engager», confie-t-elle à la RTS, fustigeant un procédé «malhonnête» de la part du PLR.
Autre pratique qui déconcerte la Prillérane: les photos d'elle et son mari utilisées sur les flyers semblent largement retouchées par l'IA. SI le couple admet avoir accepté d'être photographié le soir des signatures pour illustrer la pétition, les habits de travail qu'ils portaient ce jour-là sont devenus des costumes et leur visages apparaissent fortement pixellisés.
Pour ce qui est de la suite, Claudia Castro a désormais trois options: accepter et siéger avec le PLR, officier en tant que candidate indépendante ou alors démissionner sur-le-champ.
Le PLR réfute toute tromperie
L'affaire fait grincer des dents dans la commune vaudoise. Auprès de la RTS, la municipale verte Rebecca Joly dénonce un «scandale». Elle déclare:
Membre du comité de direction du PLR Prilly, Tony Capuano réfute de son côté toute tromperie et assume une stratégie visant à élargir la liste. «En aucun cas, il n’a été question de pétition», assure-t-il au média public.
A noter que cette méthode s'est avérée payante puisque comme le rapporte la RTS, elle a permis au parti de proposer sur ses listes pas moins de 53 candidats, un nombre bien plus élevé que celui des factions adverses. Et au terme des élections, le PLR s'est vu attribuer 21 sièges, soit plus d'un quart de ceux disponibles à Prilly.
Une «vraie pétition» a eu lieu
Dans un communiqué diffusé ce lundi, le PLR Prilly a officiellement réagi aux révélations de la RTS. Faisant état de difficultés structurelles pour trouver des candidats, il explique avoir mené «une campagne de recrutement volontariste [...] avec pour objectif d'élargir la participation citoyenne au-delà des cercles politiques habituels».
Au sujet de la confusion avec un pétition sur les parkings, le parti rappelle que quelques mois avant la campagne, «une vraie pétition contre la suppression de places de parc à Prilly» avait recueilli plus de 600 signatures. Et de poursuivre:
Quant à l'utilisation de l'intelligence artificielle, le parti confirme y avoir eu recours, parlant d'une pratique «comparable à la retouche photo» et «courante dans toute campagne de communication». Il précise toutefois que «ces outils n’ont à aucun moment servi à induire quiconque en erreur».
Le PLR Prilly déplore que certains partis aient «préféré alerter la presse plutôt que d’engager un dialogue direct» et évoque une stratégie visant «à décrédibiliser insidieusement plutôt qu’à débattre sur le fond».
Et de conclure:
(jzs)
