«Une génération de sourds»: ces Romands craignent le F-35
«L’arrivée du F-35 m’inquiète vraiment», a résumé un agriculteur lors de la séance d'information publique mercredi à Payerne (VD), à laquelle La Liberté était présente.
Le Département fédéral de la défense, de la protection de la population et des sports (DDPS) a répondu lors de celle-ci aux interrogations des habitants de la région sur le nouveau jet américain. Celui-ci devrait débarquer sur la base militaire romande dès l'été 2028 avec 4200 mouvements de vols prévus à l’année.
Le DDPS est aussi revenu sur les mesures annoncées pour limiter les nuisances sonores liées à l'avion de combat. A savoir la pose de fenêtre antibruit, la réduction des horaires d'exploitation et la réduction des mouvements de vol.
Le F-35, un bruit «plus grondant et plus dérangeant»
Quelque 120 bâtiments autour de Payerne (VD) sont concernés par la pose de fenêtres renforcées. Selon La Liberté, ceux-ci se trouvent dans une zone où les valeurs limites de 65 décibels sont dépassées.
Mais nombre de riverains doutent que ces mesures soient suffisantes. L'absence d'une réelle étude sur la santé publique est également regrettée. «Il faut que la santé des riverains entre dans la balance», s'est indignée mercredi une habitante, relate le quotidien fribourgeois.
Et d'ajouter:
Il faut dire que le F-35 est bien plus bruyant que son prédécesseur, le F/A-18. On parle d'une différence d'environ trois décibels, rapporte La Liberté. Le journal s'est entretenu avec Hervé Lissek, maître d'enseignement et de recherche à l'EPFL, pour mieux comprendre les enjeux sur la santé des riverains.
L'expert en acoustique relève qu'en raison d'une plus grande quantité de basses fréquences que le F/A-18, le bruit du F-35 peut sembler «plus grondant et potentiellement plus dérangeant». Il explique qu'en pleine journée, le bruit des décollages peuvent avoir pour principaux effets «l’interruption des conversations, la baisse de concentration, le stress et une dégradation du confort de vie».
En cas d'exposition sur le long terme, il évoque des «effets non auditifs» comme «l’hypertension» et «certains effets cardiovasculaires». Selon lui, c'est toutefois la nuit que les répercussions sont les plus sévères, lorsque le sommeil s'en retrouve perturbé.
Réduire les nuisances du F-35 «à la source»
Toujours auprès de la Liberté, Hervé Lissek revient sur les mesures annoncées par le DDPS et notamment sur les fenêtres antibruit. S'il les juges «très utiles», voire «nécessaires», l'expert souligne qu'elles ne suffisent pas toujours.
Il explique:
Hervé Lissek ajoute que l'isolation «ne doit pas se limiter aux seules fenêtres» mais doit «concerner l’ensemble de la façade». Il conclut que «les mesures les plus efficaces restent d’abord la réduction du bruit à la source», notamment en ce qui concerne les restrictions de vol. (jzs)
