C'est quoi cette masse jaune sur le Léman? «La quantité est impressionnante»
«Qu'est-ce que c'est que cette masse jaune qui flotte dans le lac?» La question s'est posée durant le week-end de Pentecôte, au détour d'une balade le long des rives du Léman. Entre Morges et Lausanne (VD), une sorte de vase, plus ou moins dense selon les zones, s'accumule au bord de l'eau.
Voyez plutôt:
On peut supposer que c'est du pollen, mais de quoi s'agit-il réellement? Y a-t-il un risque pour la santé? Et quand est-ce que ça disparaîtra?
Des «quantités impressionnantes»
Les photos ci-dessus ont été envoyées à Roxane Guillod, experte auprès du centre d'allergie suisse (aha!). Elle est aussi surprise que nous:
Notre supposition était la bonne: il s'agit bel et bien de pollen provenant de conifères (sapins, pins). Roxane Guillod a également observé ces «nuées jaunes» il y a trois semaines dans la région lémanique. «Ce type de pollen est très visible à l'œil nu, car il est léger. On le voit sur les voitures, sur les meubles de terrasse et sur le lac.»
Nous ne sommes d'ailleurs pas les seuls à avoir été interpellés. Nombreux sont celles et ceux – en particulier les personnes allergiques – qui s'interrogent et contactent les professionnels du centre d'allergie suisse:
La réponse est «non»: contrairement aux pollens qui provoquent des allergies – noisetier, bouleau ou graminées – et qui sont trop petits pour être aperçus, celui qui flotte actuellement sur le Léman est «totalement inoffensif».
En effet, dimanche 24 mai à la plage de Vidy, à Lausanne, les gens se sont baignés sans aucun problème là où les résidus étaient moins nombreux. Après la baignade, l'experte recommande toutefois de bien se rincer:
Conséquence du réchauffement climatique
Pour que ces nuées jaunes disparaissent, il faudra néanmoins attendre la pluie.
Le manque de pluie n'est cependant pas le seul facteur qui explique la quantité de pollen cette année – sa production a rarement été aussi forte. En raison du réchauffement climatique et de la hausse des températures, les plantes libèrent plus tôt leur pollen, poursuit l'experte.
Une situation qui ne s'observait pas il y a trente ans, soit le moment où la production de pollen a commencé à être surveillée.
