La Rolex et le lingot suisses offerts à Trump indignent à Washington
Après l'annonce des droits de douane à 39% visant la Suisse, une délégation de grands patrons de l'économie helvétique était partie amadouer Trump à Washington. Dans leurs bagages, un lingot d'or dédicacé et une horloge de table Rolex.
Alors qu'une plainte pour corruption a été déposée par les Jeunes Socialistes et deux élus verts, c'est maintenant aux Etats-Unis que les parlementaires s'interrogent. L'affaire des droits de douane suisses prend ainsi une nouvelle tournure à Washington avec Ron Wyden, membre de la Commission des finances américaine.
Pour le démocrate, l’acceptation par le président de «ces cadeaux d’une valeur monétaire importante» représente «un conflit d’intérêts apparent et des violations possibles de la clause sur les émoluments de la Constitution américaine». Dans une lettre repérée par le quotidien genevois Le Temps, le sénateur s'interroge:
Le public américain, les importateurs américains et les consommateurs qui paient les droits de douane ont droit à un gouvernement qui mène une politique commerciale dans l'intérêt public, plutôt que sur la base des caprices du président.»
Il va plus loin:
C'est la chronologie de la décision et l'opacité de l'affaire qui gênent particulièrement:
Le lingot d'or vaut plus de 130 000 dollars et aurait été offert au président par le directeur de la société suisse d'affinage d'or MKS. La montre, qui n'est pas disponible dans le commerce, semble avoir été offerte au président par M. Jean-Frédéric Dufour, directeur de Rolex.»
En rappelant qu'en Suisse, «deux législateurs ont demandé aux procureurs d'examiner si ces cadeaux enfreignaient les lois anticorruption», il souligne que ces cadeaux constituent un «conflit d'intérêts apparent et une possible violation de la Constitution américaine.»
Ce à quoi un porte-parole de la Maison-Blanche a répondu que «le seul intérêt particulier qui guide les décisions du président Trump est celui du peuple américain» et que «toute suggestion contraire est totalement infondée». Affaire à suivre. (hun)
