Voilà un petit bout de temps que Daniel Craig soupire à l'idée qu’on le réduise à son rôle iconique d'agent secret au service de sa Majesté. Daniel Craig avait même avoué en 2015 préférer se trancher les veines que de reprendre ce rôle du fameux espion qu’il aura incarné durant quinze ans. L'acteur s'était finalement ravisé à la lecture du scénario de Mourir peut attendre (2021) qui offrait un véritable chant du cygne à James Bond, et l'occasion pour lui de tourner définitivement la page.
En jouant dans Queer de Luca Guadagnino, la star britannique, désormais naturalisée américaine, rompt avec son image du mâle alpha qu'il représente depuis tant d'années. Réalisateur d'un cinéma ouvertement LGBTQI+, on lui doit notamment Call Me by Your Name (2017), ou encore le récent Challengers (2024).
Le film est inspiré du livre éponyme de l'écrivain américain William S. Burroughs, pilier de la Beat Generation. Ce mouvement littéraire et artistique né durant les années 1950 fut précurseur de la libération sexuelle, du rejet de l'autorité et des expériences psychédéliques des décennies qui ont suivi.
Le long métrage est en compétition à la 81ᵉ édition de la Mostra qui se déroule actuellement à Venise. Il est même en lice pour le Lion d'Or, le prix le plus prestigieux du festival.
L'acteur âgé aujourd'hui de 56 ans y incarne Lee, un écrivain américain expatrié dans le Mexique d'après-guerre. Alors qu'il noie son ennui dans les bars gay de Mexico City, celui-ci va voir son destin basculer le jour où il va croiser la route du jeune Allerton (Drew Starkey). Il jette son dévolu sur le jeune homme dont il s'éprend de manière obsessionnelle, mais celui-ci le rejette. Pourtant, malgré une relation complexe, les deux hommes se lancent ensemble en quête d’une plante hallucinogène aux propriétés miraculeuses: l'Ayahuasca.
Dans ce film, Daniel Craig brise complètement sa figure du mal hétérosexuel dominant, puisque l'acteur se livre à des scènes de sexe à l'écran avec son partenaire Drew Starkey. Pour préparer ces scènes et briser la glace, l'acteur a raconté avoir eu recours à la danse:
Rien de surprenant quand on connait la filmographie de Luca Guadagnino qui avait déjà réalisé des scènes très charnelles entre Thimothé Chalamet et Armie Hammer dans Call Me by Your Name. Pour le réalisateur, Daniel Craig est «l'un des très rares acteurs iconiques qui acceptent de montrer leur fragilité». Une fragilité que l'on a hâte de voir prochainement, lors de la sortie en salle de Queer. Si la date est encore inconnue, elle devrait suivre le courant de l'année, après sa projection à la Mostra de Venise.