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Que vaut «Kinds of Kindness», le dernier film avec Emma Stone?

Emma Stone qui danse frénétiquement sur de l'EDM, bienvenue chez Yórgos Lánthimos.
Emma Stone qui danse frénétiquement sur de l'EDM, bienvenue chez Yórgos Lánthimos.Image: Searchlight Pictures

On a vu le dernier film avec Emma Stone et il est très étrange

Après avoir marqué le début de l'année avec Pauvres Créatures qui gratifia Emma Stone de l'Oscar de la meilleure actrice, Yórgos Lánthimos est de retour avec du cinéma toujours aussi barré.
26.06.2024, 18:49
Sainath Bovay
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Yórgos Lánthimos est un réalisateur atypique. Un cinéaste singulier, lauréat de prix prestigieux allant de la Mostra de Venise à Cannes, en passant par Hollywood et ses Oscars.

Les Oscars ont d'ailleurs été marqués par le talent du cinéaste avec le sacrement de deux comédiennes: Olivia Coleman pour La Favorite en 2018 et Emma Stone cette année pour Pauvres Créatures.

D'ailleurs, elles sont reparties toutes deux avec l'Oscar de la meilleure actrice.

Ce nouveau métrage, intitulé Kinds of Kindess, ne déroge pas à cette règle puisque l'acteur Jesse Plemons a remporté le prix d'interprétation masculine lors de la dernière édition du Festival de Cannes.

Cinéaste du subversif, Yórgos Lánthimos fascine autant qu'il divise tant sa filmographie est à chaque fois un voyage fantasmagorique sur fond de malaise social, accouché comme des rêves sur pellicule.

Le réalisateur s'est fait connaitre à l'international avec The Lobster (2015), qui a permis au grand public de découvrir son style ô combien satirique dans un paysage cinématographique généralement plus convenu.

Lánthimos fait partie de ces réalisateurs comme Ari Aster (Midsommar), Gaspard Noé (Climax), Alex Garland (Civil War) ou Robert Eggers (The Lighthouse) à offrir des expériences cinématographiques souvent cruelles et dérangeantes.

Trois histoires pour le prix d'une

Kinds of Kindess se traduit littéralement par «Sortes de gentillesse» et prend la forme de trois histoires soulevant cette question:

«Qu'êtes-vous prêt à faire par amour?»

Le film explore cette thématique en un triptyque cynique sur l'emprise, que ce soit dans le monde du travail, dans le couple ou encore au travers de la religion. Des milieux dans lesquels l'humain a une fâcheuse tendance à laisser son libre arbitre à autrui par besoin de reconnaissance.

La bande-annonce:

Vidéo: youtube

Chacune de ses histoires est portée par le même casting, interprétant des personnages différents lors des différents segments. Une distribution relativement prestigieuse puisque qu'on retrouve Jesse Plemons, Emma Stone, Willem Dafoe, Hunter Schafer, Hong Chau ainsi que Margaret Qualley (la fille d'Andy Macdowell) ou encore Joe Alwyn (connu pour être l'ex de Taylor Swift).

Ainsi, on peut voir Jesse Plemons interpréter un employé de bureau si soumis à son patron, joué par Willem Dafoe, que celui-ci lui dicte comment gérer chaque élément de sa vie, de sa tenue vestimentaire à la femme qu'il épouse.

Jesse Plemons dans son rôle de col blanc soumis au délire narcissique de son patron.
Jesse Plemons dans son rôle de col blanc soumis au délire narcissique de son patron.Image: Searchlight Pictures

Dans le segment suivant, le même acteur (Jesse Plemons) endosse le rôle d'un policier marqué par la disparition de son épouse, incarnée par Emma Stone. Quand celle-ci est retrouvée saine et sauve, son mari sombre alors dans une étrange paranoïa, persuadé que sa femme est en réalité une usurpatrice.

Willem Dafoe, l'homme le plus classe du monde, je ne veux rien savoir.
Willem Dafoe, l'homme le plus classe du monde, je ne veux rien savoir.Image: Searchlight Pictures

Enfin, le troisième segment est porté par Emma Stone, qui joue une femme abandonnant sa famille pour suivre le gourou d'une secte (Willem Dafoe) dont le dogme interdit tout mélange de fluides avec les autres sous peine de se retrouver contaminé. Si le contexte est à chaque fois différent, chacun des personnages va être confronté à cette même réalité: faire des choix déraisonné par dévotion.

Trois chapitres, trois histoires différentes et une même troupe d'acteurs: c'est un format anthologique qu'on a pu voir repris récemment sur Netflix par le réalisateur Wes Anderson lors de son adaptation de Roald Dahl: La Merveilleuse Histoire de Henry Sugar (2023). Un format bien plus digeste sur une plateforme de streaming que sur un siège de cinéma.

Kinds of Sleepness

Kinds of Kindness est excellent sur la forme. Le talent de la mise en scène de Yórgos Lánthimos n'est plus à prouver tant celui-ci manie les plans symétriques à la perfection et fait preuve d'une ingéniosité folle lorsqu'il s'agit de surprendre le spectateur. La direction artistique également, toujours au diapason, nous rappelle sans cesse que Yórgos Lánthimos n'est pas que le cinéaste de l'étrange, c'est aussi celui du cool.

L'affiche du film, aussi cool soit-elle, annonce bien la couleur de ce que vous vous apprêtez à voir.
L'affiche du film, aussi cool soit-elle, annonce bien la couleur de ce que vous vous apprêtez à voir.Image: Searchlight Pictures

Une réalisation aux petits ognons qui évite la coquille vide grâce au talent certain de ses acteurs. Jesse Plemons, révélé dans la série Breaking Bad, joue désormais dans la cour des grands, que ce soit pour Martin Scorsese ou Paul Thomas Anderson. L'acteur, qui, cette année encore, marquait les esprits avec une simple apparition de cinq minutes dans le Civil War d'Alex Garland, n'a pas volé son prix cannois.

Emma Stone quant à elle, prouve une fois de plus qu'elle est la meilleure actrice du moment, capable de tout jouer et de s'impliquer corps et âme dans des œuvres aux ambitions artistiques, quitte à sortir de sa zone de confort et à bousculer le spectateur.

Cependant, avec son format anthologique de près de trois heures, le film, aussi bon soit-il, se révèle malheureusement indigeste. Prisonnier de sa longueur, le visionnage est laborieux à avaler d'un coup. Sans doute desservi par le changement de paradigme qu'a amené le streaming, Kinds of Kindness aurait été nettement plus agréable à voir dans son salon. L'implication du spectateur est mise à mal par l'absence d'un fil narratif concret entre les histoires et cette surabondance de malaises finit forcément par faire souffler.

Un autre film de poseur qui fait souffler:

A défaut d'un film choral et de récits aux destins croisés tels que les brillants Magnolia (1999) ou Babel (2006), Kinds of Kindness se vit comme un binge-watching forcé de trois épisodes d'une sorte de Black Mirror sur les rapports humains. À vous de voir si vous êtes prêt pour ces trois escales au royaume de l'étrange.

Kinds of Kindness de Yórgos Lánthimos est à voir au cinéma depuis le 29 juin. Durée: 165 minutes.

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