Les studios Pixar brillent à nouveau sur le devant de la scène avec Vice-Versa 2. Sorti ce mercredi 19 juin, le nouveau film d'animation des studios Disney/Pixar est sorti vendredi dernier aux États-Unis, réalisant au passage le meilleur démarrage mondial pour un film d'animation.
En seulement quelques jours, le film a réalisé 155 millions de dollars de chiffre d'affaires aux Etats-Unis et 295 millions dans le reste du monde. Un record exceptionnel, sans compter le fait qu'il s'agit du meilleur démarrage, tout genre confondu, pour un film depuis Barbie en juillet 2023.
Un engouement qui redore le blason du studio à la petite lampe après Elémentaire, film d'animation personnalisant les quatre éléments (le feu, l'eau, l'air et la terre). Contrairement à Vice-Versa qui personnalise les émotions, ce long métrage a fait un flop.
Vice-Versa 2 fait suite aux aventures de la jeune Riley et de ses émotions dont le premier opus a été oscarisé en 2016. La voilà désormais adolescente où la puberté va lui faire découvrir de nouvelles émotions, comme l'envie, l'anxiété, l'embarras, l'ennui et la nostalgie.
Avec Vice-Versa, Pixar réalisait l'un de ses chefs-d'œuvre, réussissant à rendre accessible aux plus jeunes les mécanismes ô combien abstraits de la personnalité, des sentiments et des souvenirs. Un sommet de rires, mais surtout d'émotions qui a fédéré autant les parents que leurs enfants. Qui n'a pas pleuré lors de la disparition inéluctable de Bing Bong, l’ami imaginaire de la petite Riley? Ne mentez pas, je vous vois.
Pour achever Vice-Versa 2, il a fallu quatre ans de travail, 10 versions et 150 dessinateurs. Comme pour le premier volet, Pixar a fait appel à des experts en psychologie pour pouvoir retranscrire de manière figurative toutes ses nuances émotionnelles et raconter l'adolescence avec justesse.
Riley a aujourd'hui 13 ans, et avec cet âge vient forcément le chaos de la puberté. Une période marquée par une humeur changeante, le besoin de reconnaissance et surtout l'anxiété et toute l'irrationalité qu'elle amène. Le film montre d'ailleurs avec brio la violence qu'implique une crise d’angoisse, dans toute son intensité. Une mise en lumière inédite et nécessaire de ce mal qui touche de plus en plus d’adolescents.
Et c'est vraiment sur ce point que le film est brillant. L'anxiété, c'est l'émotion qui prend le dessus sur tout et qui laisse moins de place à la joie enfantine. Le film prend la forme d'un putsch dans le cerveau de la petite Riley devenue grande où la peur du rejet et le besoin de validation dominent.
Ainsi, Anxiété, Embarras, Ennui et Envie prennent les commandes, faisant des émotions primaires des sentiments enfouis, forçant ceux-ci à mettre tout en œuvre pour retrouver leur place initiale.
Vice-Versa 2 a un véritable air de déjà-vu tant le film est dans la continuité de son premier volet. L'intrigue reste calquée sur le précédent avec sa forte dimension psychologique. Si le premier faisait part à la fin de l'enfance et mettait en lumière la dépression, cette suite va s'axer sur l'angoisse et le refoulement de souvenirs enfouis.
De plus, étant en territoire connu, le film n'a pas la même force émotionnelle que le premier (comprenez que je n'ai pas pleuré cette fois-ci). Cependant, il reste toujours aussi drôle et touchant dans sa manière de raconter les troubles complexes liés à la puberté.
Qu'une œuvre normalise des sujets aussi sensibles que les angoisses, les pensées dépréciatives et qu'elle réussisse à les rendre accessibles aux plus jeunes en fait un film important et surtout nécessaire à un âge où l'on se construit. Car la grande force des Vice-Versa, c'est de faire comprendre à tous que chaque émotion est nécessaire et que les embrasser est la clé pour devenir une meilleure personne, petits ou grands.
… Et pour ça, merci Pixar.
Vice-versa 2 de Kelsey Mann est sorti le 19 juin sur les écrans romands. Durée: 1h36